« -T’es là comme une andouille, posé sur un étal où le hasard t’a posé, un œil imbécile, orphelin de son cerveau et du cœur, entre deux sacs de sable, t’aligne…
-t’énerves pas Papa, tu vas réveiller maman…
-T’ as raison pas d’bruit nom de Dieu, les hommes sont tellement cons qu’ils ont inventé la poudre…
Et s’envolaient dans nos regards perdus les volutes de la fumée. Sa « Disque Bleue » se consumait toute seule, coincée dans un créneau du cendrier. Cà donnait un poil d’ambiance et de cérémonie, comme une espèce d’encens. Mais çà sentait moins bon. Mise en scène ou pas, ce qui est moche, le reste. Papa vidait d’un trait ce qui restait de son moutardier de vin rouge. Après le repas, la messe était dite. Sauf que mon Grand Père ce n’était pas Jésus et il était toujours immolé sans jamais ressusciter, et papa ressemblait plus à Bernard Blier dans les « Tontons flingueurs qu’à un curé de campagne.
A force de creuser des tranchées, on n’est jamais loin d’un enterrement.
C’était la énième redite de l’ultime sacrifice d’un homme d’honneur qui s’appelait Julien François, Poilu de la guerre quatorze...A suivre
fleurs et tomates