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Le temps qui passe

Décembre 2006
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Pendant que Bécaud chantait son dimanche à Orly, j’allais souvent le passer avec mes parents au cimetière d’Ivry, lorsque « le jour du Seigneur » coïncidait avec un repos de Papa. Après avoir salué notre fleuriste habituel, les parents avaient coutume d’acheter une pauvre fleur. Persuadé de connaître son langage, je lui parlais en secret. Précisément, je communiquais avec elle sur le mode de l’empathie sans fil. Attristé, je plaignais la belle empotée d’aller finir sa vie sur une sépulture. Ce premier rite respecté et pour toi muni de ce fragile présent, nous franchissions l’aimable entrée de la cité des morts. Ce n’était pas la ballade des gens heureux quand Papa nous emmenait dans sa quête du souvenir. A chaque fois, il faisait gris. Tout gris. Gris, comme la couleur de la « deux patte » à papa. Gris comme le ciel de la cité de Villemomble où s’élançait, parmi les blocs aux murs couverts de faïence gris et bleu, l’immeuble dans lequel étaient réservés des appartements à quelques familles SNCF. Bien sur, comme un fait exprès, le gris se prolongeait dans notre déplacement, au moins jusqu’à Ivry. De toute façon, on n’allait jamais plus loin dans le sud. Je ne pouvais donc pas vérifier les dires des copains y relatant les largesses du soleil. Et puis à d’autres moments, quand se posait la question des vacances, Papa nous disait que le sud c’était pour les  « cons » du rez de chaussée qui allaient s’agglutiner l’été avec une multitude de « cons » des autres étages qu’il fallait déjà se farcir ici tout l’hiver. Donc, question de principe, ne pas se sentir bête au milieu d’imbéciles réunis sur l’idée simple d’assaillir des plages à la con…A suivre... 

 

 

 

 

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