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Le temps qui passe

Décembre 2006
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Suite au commentaire à propos des Cinq euros pour la prestation, ce n'est pas pour me vanter, mais j'ai rallongé suite au cheveux racourci, j'ai rallongé la monaie, pour le plaisir des pieds qui ne touchaient pas terre comme à l'enfance, pour le p'tit coup de rasoir, la balayette dans le coup, le miroir sur la nuque, et le passé au présent dans la gueule. Bruxelles ton petit coiffeur m'a rendu mon enfance avec les cheveux qui grattent dans le dos...
Ici, on se réchauffe au parfum de gauffres. J'ai le bonnet qui me gratte. On croque des bières à la cerise et quand on règle, on vous dit "s'il vous plaît. Ca, c'est un drôle de bazar, sapin de Noël, senteur de frites, une crèche sur la Grand Place, nos regards encore plein de Krieks, double ration entre six et sept heures, illuminations sur les murs baroques, toutes les têtes sont en l'air. Je passe entre les ombres. Il fait froid. Me f'rait bien un p'tit pipi. Il fait faim. Pas loin de chez Godiva, il a le cul par terre, dit qu'il a pas eu de chance, tance une dame en fourrure, elle s'attarde sur lui qui m'regarde. Manège d'Andréa, les enfants tournent sur les insectes géants, camescopes et trognes de gosses. On me parle flamand. Ils ont habillé Mannekenpisse en père Noël. La porsche est garée avec nonchalance, pleins feux, porte ouverte, il achète des Leonidas à deux pas. Albert se les gèle sur son cheval tout vert. Comme les taxis, les filles sont habillées en noir. Le froid pique davantage. Le coiffeur arabe m'a couppé les cheveux au rasoir pour cinq euros. S'il vous plaît.

De ce jour 22 décembre, jusqu'au 8 janvier, la tenue de ce blog  se fera plus irrégulière, mais à mesure du hasard, un clavier et d'une ligne, je ne manquerais pas d'ouvrir le rideau et  de laisser un mot, une émotion...Le temps d'un voyage, de famille en amis, des Cévennes, au pays de la bière catholique, du pays malouin,  j'aurai à coeur d'écouter et d'en écrire et de trinquer, à nous tous. A tout de suite, "le temps ne compte pas".

2006 se tire. 2007 se pointe. Moi aussi je prends le virage. Avec des lunettes épaisses, casqué d’un cuir, le râble bombé. Je  penche la tête, suis la courbe, à toute allure. Je débranche, je dégage.  Vais voir ça d’un plus loin. Je sors, j’évacue je m’extirpe. Je me casse un peu. Oublier le je, j’éjecte. Vais prendre l’air du temps. Va savoir comme ailleurs il a soufflé, courbé, poussé, ridé, séché. M’en vais prendre de la route un peu plus nord. Respirer, réfléchir, se poser, rencontrer, rire, aimer, sentir, pleurer. Me ramasser et me relever, continuer, rouler, déambuler. Irais pisser dans les coins, boire chez des voisins, cul tourné au passé, regard effaré. Et puis écouter, écouter, écouter, coute que coute écouter. S’te plaît l’oreille tu t’la colles sur le rail. Entendre gémir, crisser la fin d’l’année, et pousser l’début l’au’t. Comme une toupie inclinée, une année, ça n’est jamais qu’une boule qui tourne autour de la lumière. L’air de rien, c’est une révolution

Je ne connais rien de la Bulgarie et des Bulgares. J’avoue même, avec honte qu’il ne m’en restait jusqu’ici, que des clichés, un parapluie, le pissenlit, des yaourts sans fruits et comme un garçon une fille qui a un gros ceinturon. Et puis voilà, que le chez le bouillant colonel comme on l’appelle,  des infirmières bulgares et un médecin palestinien après  huit années d’emprisonnement, sont proches de la marmite. Ils sont condamnés à mort pour avoir selon les accusations, inoculés le virus du sida chez des enfants. La réalité semble tout autre...

 Il est possible d’avoir toute la chronologie concernant cette affaire sur http://www.bulgaria-france.net, ainsi que la mobilisation d’Avocats Sans Frontières. Moi, il me semblait me souvenir que la Lybie avait présidé une commission des droits de l’homme à l’Onu il n’y a pas si longtemps que cela, me trompe je ?

 

 

 

 

 

 

                                 

Pendant que Bécaud chantait son dimanche à Orly, j’allais souvent le passer avec mes parents au cimetière d’Ivry, lorsque « le jour du Seigneur » coïncidait avec un repos de Papa. Après avoir salué notre fleuriste habituel, les parents avaient coutume d’acheter une pauvre fleur. Persuadé de connaître son langage, je lui parlais en secret. Précisément, je communiquais avec elle sur le mode de l’empathie sans fil. Attristé, je plaignais la belle empotée d’aller finir sa vie sur une sépulture. Ce premier rite respecté et pour toi muni de ce fragile présent, nous franchissions l’aimable entrée de la cité des morts. Ce n’était pas la ballade des gens heureux quand Papa nous emmenait dans sa quête du souvenir. A chaque fois, il faisait gris. Tout gris. Gris, comme la couleur de la « deux patte » à papa. Gris comme le ciel de la cité de Villemomble où s’élançait, parmi les blocs aux murs couverts de faïence gris et bleu, l’immeuble dans lequel étaient réservés des appartements à quelques familles SNCF. Bien sur, comme un fait exprès, le gris se prolongeait dans notre déplacement, au moins jusqu’à Ivry. De toute façon, on n’allait jamais plus loin dans le sud. Je ne pouvais donc pas vérifier les dires des copains y relatant les largesses du soleil. Et puis à d’autres moments, quand se posait la question des vacances, Papa nous disait que le sud c’était pour les  « cons » du rez de chaussée qui allaient s’agglutiner l’été avec une multitude de « cons » des autres étages qu’il fallait déjà se farcir ici tout l’hiver. Donc, question de principe, ne pas se sentir bête au milieu d’imbéciles réunis sur l’idée simple d’assaillir des plages à la con…A suivre... 

 

 

 

 

« -T’es là comme une andouille, posé sur un étal où le hasard t’a posé, un œil imbécile, orphelin de son cerveau et du cœur, entre deux sacs de sable, t’aligne…

 

 

-t’énerves pas Papa, tu vas réveiller maman…

 

 

-T’ as raison pas d’bruit nom de Dieu, les hommes sont tellement cons qu’ils ont inventé la poudre…

 

 

Et s’envolaient dans nos regards perdus  les volutes de la fumée. Sa « Disque Bleue »  se consumait toute seule, coincée dans un créneau du cendrier. Cà donnait un poil d’ambiance et de cérémonie, comme une espèce d’encens. Mais çà sentait moins bon. Mise en scène ou pas, ce qui est moche, le reste. Papa vidait d’un trait ce qui restait de son  moutardier de vin rouge. Après le repas, la messe était dite. Sauf que mon Grand Père ce n’était pas Jésus et il était toujours immolé sans jamais ressusciter, et papa ressemblait plus à Bernard Blier dans les « Tontons flingueurs qu’à un curé de campagne.

 

 

 A force de creuser des tranchées, on n’est jamais loin d’un enterrement.

 

 

C’était la énième redite de l’ultime sacrifice d’un homme d’honneur qui s’appelait Julien François, Poilu de la guerre quatorze...A suivre
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