Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Il a plu. La forêt a mis son pull
Jacquard. La montagne s’enrhume et se coiffe des nuages d’automne. C’est la Toussaint. Toussaint pauvre soldat haïtien, perdu dans les geôles froides et humides. Je mélange tout. Vous voyez bien
je mélange tout, les consonnes, les voyelles, la météo, l’histoire, la politique et l’économie, mon économie. Mes petits moyens pour comprendre le monde. C’est l’heure de la mélancolie. Cette
heure là est à rendez vous fixe sur mon calendrier. Depuis l’enfance elle est présente et s’évanouit pour mieux ressortir comme l’humidité au bas des vieilles bâtisses. Elle orne cette partie de
l’année comme les chrysanthèmes tentent d’égayer le sourire des morts. Je pars. Je prends la route et m’en vais une semaine vers l’Est, vu d’ici, le Nord Est. Je laisse cette page après ces mots
avec l’envie qu’elle se remplisse seule, avec tout ce qui se passe autour, comme la caméra dans le dos d’un personnage de Lisbonne story de Wim Wenders. Je vous laisse une semaine. Je voudrais
revenir en racontant des histoires. Plus de je. Des histoires, parce qu’on ne raconte jamais mieux des histoires que sans je. Tout le reste est jeu de mot. Peu importe mon sentiment, qu’il soit
politique ou bien amoureux ou bien philosophique en tous les cas prétentieux et narcissique, bloggesque en quelque sorte. De cet exercice quotidien devait sortir l’envie d’écrire, l’astreinte à
l’exercice régulier et...produire. Cette coupure me permet de revenir sur ce but, écrire une histoire, improviser , ce qui n’est rien d’autre que de mettre en scène le réel en s’oubliant enfin,
se donner sans détours au profit d’une histoire. Le bonheur d’écrire débarrassé enfin de l’ombre pesante des monstres de la littérature et revendiquer sa part, innocent comme celui qui
prend son droit au soleil, ou bien à la pluie. « Je » vous embrasse.
Alexandrin Dodécasyllabe Fils de Modeste et Pompon
I
fleurs et tomates