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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Avant de prendre la mer pour quelques jours, m'éloigner un peu du plancher des vaches, sans pour autant les menacer d'un sort cruel, voici quelques traits d'humeur que j'ai eu vagabonde en écoutant l'émission de radio du même nom sur France Inter il y a quelques minutes. On y traitait de l'affiche rouge, de Manouchian et ceux de ses compagons fusillés avec lui en 1943. Cette émission réalisée à partir d'études et de témoignages enrichis grâce à l'ouverture récente d'archives de la police, frappe la réflexion au coin du non sens. En effet, on peut être attérré de constater que l'arrestation de ces résistants FTP MOI est le "fruit" d'un long travail minutieux et rigoureux d'une police française qui a mis là tout son talent à la longue traque et filature de ces héros dont la France et le monde "libre" en général, peut s'honorer. Parmi ces braves presque tous étaient qualifiés d'étrangers, et il y avait deux français je crois me souvenir, attendu que les autres avaient déjà été repérés et arrêtés, torturés, déportés ou fusillés. Outre le souvenir du sacrifice de ces personnages légendaires, tous jeunes, on peut réfléchir au destin croisé de ces hommes, immigrés, défendant la France les armes à la main tandis qu'ils étaient la cible et la proie d'autres hommes, policiers français ceux là, qui servaient un gouvernement dévoué à l'occupant nazi. Cette période succédait à une crise de société grave, durant les années trente, sorte de crise d'identité et de repères, dans un monde assombri par le péril de la terrible déflagration de la deuxième guerre mondiale. Sans qu'il soit juste de comparer cette période à la notre, du moins pourrions nous réfléchir aux maux qui secouent notre société actuellement, à la lumière du sacrifice de ces jeunes hommes immigrés "aux noms difficiles à prononcer" comme le clamait Léo ferré dans sa chanson sur un poème d'Arragon, et la face à l'obscurantisme et la démagogie qui fait flores à ce moment de la campagne des élections présidentielles, ou l'on nous propose ni plus ni moins de revenir au temps de Jules Ferry, de l'obéissance aveugle et qu'un candidat aux thèses eugénistes tente de falsifier l'histoire et ces implications en décidant de "la liquider". Ce soir, sur Marseille le ciel est à l'orage, ce n'est pas une métaphore, juste un fait qui colore cette veille d'appareillage d'un sentiment de tristesse face à cette connerie ambiante, ou l'amnésie d'une partie d'un peuple et la folie d'un homme me filent le tracassin. A samedi donc, d'ici soyez forts, biz à tous et à Katleen Evin, dont j'écorche peut être l'othographe de son nom, pardon.
fleurs et tomates