Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Les courses à l’épicerie çà sent la
lessive mélangée au suc du bac des produits surgelés et à la sueur des légumes qui bronzent. Les néons s’éclatent sur ta gueule. Les fromages locaux odorifèrent, les autres sont enfermés. Mes
centimes sont toujours à la recherche de leurs copines. Je les sors comme une politesse, pour faire l’appoint mademoiselle.
A la boulangerie j’ai fait la queue en rêvant sur les gâteaux, en imaginant qu’il s’agit de bons gâteaux. Ce sont des gâteaux en pré fabriqué. Un fond de tarte comme un carton, une couche de crème en pot, le fruit d’un autre et aptitude au service pour un dentier entarté, une bouche sans goût, une vie de souvenirs. Ces gâteaux sont à la pâtisserie ce que les blocs bétons sont à la construction.
Sous la pluie, passé devant la boucherie. Il n’y avait pas de clients. Le boucher m’a regardé. Derrière lui les saucisses qui pendaient par la queue et la tête de veau qui baillait m’ont aussi regardé. Alors Je n’ai pas osé entrer dans le magasin. Je suis entré au tabac presse. Dire bonjour comment çà va ? Répondre çà va, çà va, et puis prendre sa monnaie, un sourire pour la buraliste derrière son comptoir qui voit défiler dans la journée les plantigrades accaparés qui viennent s’égayer ici, entre le black Jack, le morpion, le midi libre et soupirer dans l’odeurs des journaux et magasines et des paquets de cigarettes et des bonbons et des cahiers et des derniers best sellers et des cartes postales.
fleurs et tomates