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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Je ne veux pas tout
comparer dans ma situation avec l'état de contrariété et de frustration permanentes que rencontrent ceux qu'on appelle "les sans papiers". Non, ma situation n'est en rien comparable. Seulement,
c'est comme un petit stage à travers une absurdité de nos sociétés qui ne tolère aucune caractéristique qui fait de l'humain, un être humain, avec le droit à l'erreur, à
l'imperfection, à l'oubli un instant seulement, à la soufrance et, à la peine, à la joie aussi, à l'effervescence...Je vais repartir poursuivre mon travail, un peu malade, un peu angoissé, je
n'irai pas voir le médecin, car plus de carte vitale, plus de "CMU", plus de possibilité pour le moment de retirer de l'argent, un peu stress d'être sans permis, je n'ai pourtant commis "aucune
faute", sinon de m'être fait subtilisé mon sac. Elle est là l'erreur, être un instant vulnérable. La société ne tolère pas qu'on soit vulnérable...Je m'en sortirai, je
demanderai de l'aide où je pourrai, mais cette petite épreuve me montre à quel point, "les ombres" qui errent dans notre pays, à l'affût du moindre espoir " d'intégration",
doivent souffrir dans l'anonymat et l'état de clandestinité, dans le fait de ne pas exister pour les autres, sinon en parias ou en reclus.
fleurs et tomates