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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Désobéir, suite

 






Désobéissance civile pour les sans-papiers.
Héritier de la tradition américaine, un nouveau réseau, à Marseille, veut offrir des
« sanctuaires » à ceux qui veulent cacher des sans-papiers.
Il y a le mouvement des délinquants de la solidarité, les parrains et les marraines
de sans-papiers, le Manifeste des innombrables. Mais, aux yeux d'une trentaine de
militants de la défense des étrangers, de Provence-Alpes-Côte d'Azur et de
Languedoc-Roussillon, cela ne suffit pas. Expliquer les droits est nettement en
dessous de la réalité de personnes confrontées quotidiennement « à l'arbitraire
administratif, à des violences illégitimes, à des séparations irrémédia- bles ». Ils
ont donc lancé, hier, une nouvelle initiative, le Réseau Sanctuaire.

Rien à voir avec une quelconque secte. Le sanctuaire, c'est la protection maximale
que l'on puisse offrir aux personnes en danger. Membres de diverses associations de
soutien aux sans-papiers, ils ont voulu « expliciter clairement les fondamen- taux »
de leur action, en appeler à « un réveil citoyen en cette période de dérive
politique », et permettre de protéger tous ceux qui s'élèvent contre la politique
d'expulsion des demandeurs d'asile déboutés et des étrangers en France qui font
vivre leur famille dans leur pays d'origine. Ils appellent donc les institutions,
les associations, les mairies, les paroisses qui le désirent à se déclarer « zone
sanctuaire », dans la tradition de la désobéissance civile où l'essentiel « n'est
pas la loi quand elle est inique, mais la défense des droits », précise Jean-Pierre
Cavalié, leur porte-parole. Leur référence historique est celle des réseaux amé-
ricains qui, lors de la guerre de Sécession, cachaient les Noirs poursuivis, lors de
celle du Vietnam, cachaient les déserteurs.

Il s'agit donc de signer un manifeste, dont le texte intégral est en ligne sur
http://reseausanctuaire.net .
Les signataires s'engagent notamment à « utiliser
toutes leurs marges de manoeuvre pour résister avec intelligence aux ordres
contraires aux droits fondamentaux, à combattre toutes les formes de délation, à
mettre en oeuvre tout ce qui sera nécessaire pour assurer la protection des
personnes en situation administrative irrégulière et pour résoudre durablement leur
situation, tant au niveau administratif que de l'emploi, la santé et la scolarité ».
« Tout en étant cons- cients, ajoutent-ils, que l'aide à des immigrés clandestins
est sévèrement punie (jusqu'à 45 000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement),
nous refusons que la solidarité soit traitée comme un délit et nous en assumons le
risque car il nous paraît encore plus grave de laisser faire et de ne rien dire. »
En s'appuyant sur le droit international et même sur le Code pénal français et en
affirmant : « Ce ne sont pas ceux qui désobéissent à une loi qui mettent en péril la
démocratie, mais ceux qui sont prêts à obéir à n'importe quelle loi ou ordre. »

Émilie Rive, L'humanité du 3 mai 2008.

Le manifeste du Réseau Sanctuaire
Signataires de ce manifeste, nous nous déclarons gardiens de la tradition de
l'hospitalité et de l'asile qui est à la source des sociétés humaines. Aujourd'hui,
les politiques publiques, au travers des lois et des pratiques administratives, la
restreignent au point d'en faire un leurre. C'est pourquoi nous réaffirmons
publiquement que l'accueil et la solidarité à l'égard de toute personne, y compris «
sans papiers », sont des engagements essentiels pour faire vivre cette tradition
fondatrice.

Nous désobéissons et appelons à désobéir par respect de l'État de droit et de la
démocratie, car : « Ce n'est pas le respect de la loi qui est un absolu, mais celui
du droit » (Paul Ricoeur), c'est-à-dire des droits humains fondamentaux.

Arrêter un étranger en situation administrative irrégulière est légal, mais est-ce
légitime ?

Cette dérive s'est amplifiée au début des années 1980 avec l'émergence de la «
mondialisation » pour créer, grâce à la loi, des travailleurs sans droits car sans
papiers. Le phénomène se poursuit aujourd'hui avec l'immigration jetable dite «
choisie ». La chasse aux « sans-papiers » et le soupçon systématique qui en fait les
boucs émissaires de tous les maux de notre société servent avant tout à les
maintenir dans un climat de peur permanente pour les rendre invisibles et dociles.
En l'organisant, l'État français se rend complice de cette situation cynique. Depuis
2003, cette chasse s'est systématisée, notamment à travers une politique chiffrée de
reconduite à la frontière au mépris de la dimension humaine.

Le citoyen n'est pas celui qui est prêt à obéir à n'importe quelle loi, mais à
respecter et défendre les droits fondamentaux de la personne humaine, sans aucune
discrimination, jusqu'à désobéir à une loi ou un ordre contraire.

La référence internationale en la matière, est la Conférence de Londres qui est à
l'origine de l'affirmation du devoir de désobéissance qu'a tout citoyen, même
fonctionnaire en exercice, face à des ordres ou lois contraires au respect des
droits fondamentaux de la personne humaine. Aux yeux de la justice, chacun(e) doit
assumer les conséquences de ses actes. C'est pourquoi, nous appelons tous les
citoyens : fonctionnaires (membres des corps de sécurité, personnels de préfecture,
de mairie, enseignants.), salariés et bénévoles des structures privées ou
associatives (notamment celles qui sont chargées de l'accompagnement et de
l'hébergement des étrangers), responsables et membres des organisations politiques,
syndicales, laïques ou religieuses, l'ensemble des élus à s'informer et réfléchir
sur cette réalité de la migration à l'heure de la mondialisation ; être avant tout
attentifs à la dimension humaine des situations qu'ils ont à prendre en compte ;
chercher d'abord à appliquer les droits fondamentaux formulés dans les déclarations
et conventions internationales ; combattre toutes les formes de délation ; utiliser
toutes leurs marges de manoeuvre pour résister avec intelligence aux ordres
contraires à ces droits.

Nous appelons les institutions en tant que telles : municipalités, partis,
syndicats, entreprises, associations, églises, associations cultuelles. à se
déclarer publiquement « zones sanctuaires », en accord avec le chapitre suivant.

Ce ne sont pas ceux qui désobéissent à une loi qui mettent en péril la démocratie,
mais ceux qui sont prêts à obéir aveuglément à n'importe quelle loi ou ordre.

C'est pourquoi, nous nous engageons, dans toute la mesure du possible, à oeuvrer
pour faire des lieux dans lesquels nous vivons, agissons et travaillons, des « zones
sanctuaires ».

Cela signifie que nous sommes prêts à mettre en oeuvre tout ce qui sera nécessaire
pour y assurer la protection des personnes en situation administrative irrégulière,
et pour résoudre durablement leur situation, tant au niveau administratif que de
l'emploi, de la santé et de la scolarité.

(*) La liste des premiers signataires est consultable sur le site
www.reseausanctuaire.net

Par Robert Bret, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jean-Pierre Cavalié,
responsable associatif, Philippe Chouard, ingénieur retraité, Jean-Paul Nunez,
pasteur
(*).
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À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
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laurent V 07/05/2008 21:40

Philippe...ton lien vers le Reseau Sanctuaire y marche pô bien !