Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
13,5, putain, 13,5 milliards. C’est à peine croyable. C’est comment dit on, incommensurable ? Démesuré, immense, abyssal, in considérable, innommable, épouvantable même dès que j’y songe. Pensez donc,13,5 milliards, çà sonne comme un juron en Flamant, à l’heure des gains de productivité que l’on va chercher frénétiquement sous le moindre paillasson du dernier DRH incliné et vendu au temps qui passe autant qu’au grand capital,tandis que l’inquiétude grandit à mesure de la croissance qui de ce coté ci ramollit tandis qu’à nos portes frémit d’impatience l’Empire du Milieu (Voir Mullan II, c’est pas du Guédigian, ni du Guérigny, je sais, mais c’est aussi de l’art, quelque part...), restent là dans la comptabilité de l’espace inter sidéral, 13,5 milliards, obsédants, fastidieux, assommants, terrifiants...que l’on songe un seul instant à ce chiffre effroyable et l’on se sent pommé, comme Jacques Villeret dans Robert et Robert, où il s’imagine perdu dans un vagin, comme un stylo dans le cirque de Gavarni. Et oui et je ressasse incessamment dans un mouvement ininterrompu de mon petit corps pitoyable et perdu dans de beaux draps toute la nuit en égrénenant le boulier du temps qui passe en insomnie et m’écriant à la fin dans un cauchemar, feignant d’être endormi tout aussi feignant que par ailleurs je suis : « putain, putain, 13,5 milliards d’années pour donner jour au gugusse que je suis...
PS: 13,5 milliards d'années et 100 000 morts en Birmanie et la flamme olympique au sommet de l'Everest...nul.
Je fais ma pub, faut bien vivre.......
Claire Schneider