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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Jeudi, comme un dimanche à la campagne.

...Ils étaient tous là, sous le soleil,  les anciens combattants, survivants d’une autre époque, la face « noir et blanc » des photos de Zuca, ceux des guerres coloniales, et puis le conseil municipal, et puis le tout nouveau conseiller général et le gendarme de service en tenue festive, et puis le garde champêtre dans sa livrée de policier municipal, et puis nous la foule, les cocos dans un coin, la droite du coin aussi, les curieux, deux ou trois touristes égarés, les enfants habillés « en dimanche », chapeaux de paille et lunettes noires, parfums et tenues proprettes, tout çà pour égayer la rue...   et je suis venu aussi, à la messe républicaine,  « pour voir et pour féliciter »..les derniers.

 Cela fait soixante trois ans qu’ils commémorent comme ils disent, d’une voix frémissante à présent. Un chapelet de médailles sur la poitrine, face à  trois ou quatre portes drapeaux, dont  « Rhin et Danube du Salavès », il discourait, poursuivant l’Histoire inscrite sur son papier froissé tremblant dans sa main qui portait comme des stigmates, l’épopée...qui mis fin à la barbarie du nazisme. Il y avait également les portes drapeaux des anciens de « l’Algérie, Maroc, Tunisie » et je ne pouvais m’empêcher de penser aux massacres perpétués  par les français fraîchement libérés du joug de l’oppression, Sétif... Madagascar aussi . La proximité et la confusion de ces oriflammes ensanglantés pour des raisons directement opposées reflètent toute la complexité du monde et la preuve que le discernement n’est pas une qualité des mieux partagées. Avant je me refusais toujours de me rendre à ces commémo...puis, depuis 2002 et son avril funeste, et je me suis dit qu’il était ridicule de laisser la place à ceux qui peu à peu travestissaient l’histoire... Il se tenait là,  le vieux combattant cévenol qui s’en alla libérer l’Alsace, appuyé sur sa canne, sous la stèle d’un martyr qui fut tué par l’occupant dans le village et que son frère depuis a érigée en souvenir. Le maire ceint de sa rutilante écharpe tricolore, annonça une minute de silence, ponctuée du bruit des moteurs des voitures passantes, du chuchotement des commères et du crin crin de la vieille sono qui n’en peut plus de commémorer... Puis il prit à son tour la parole, pour souligner le bruit dans le silence souhaité et devant les commémorant qu’il remercia de leur présence, d’une larme exprima son chagrin, à propos de l’injustice d’un procès intenté par un adversaire malheureux aux dernières élections municipales, ce qui nous priva du pot de l’amitié... On ne badine pas avec l’honneur dans les campagnes...

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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