Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Aujourd’hui : le tour de France...
On était à table lorsqu’on entendit le tintamarre. Les clochettes, un bruit sourd, comme un martèlement sur le sol, une sorte de grondement descendant de la montagne. On a laissé nos assiettes et on s’est précipité dehors sur la terrasse. Ils arrivaient en trombe, tête baissées dans la descente, le corps penché, en équilibre par la vitesse, prenant le virage serré, là où c’est le plus étroit. Il y avait trois échappés, dont un qui était à demi tondu de façon bizarre. Un autre tout noir et le premier qui courait à perdre de la laine. La suite déboulait comme entraînée par la pente assez forte à cet endroit. La course suivait un train d’enfer et l’on pouvait se demander à cette vitesse, et au vu de la densité des athlètes, comment il était possible qu’aucune chute ne troubla cette fête, cette ode au sport qu’un immense corps de champion fait d’un seul peloton courant d’une seule tête vers la victoire d’un des siens...Le peloton semblait inonder la rue comme une immense vague surgissant du haut de la côte à l’orée du bois. Des couleurs se détachaient de l’ensemble défilant à toute vitesse, des colliers verts, rouges, bleus, des pompons, des toisons tondues comme profilées pour la course, d’autres entamées simplement par un coup de tondeuse rageur du à un excès de ferveur artistique de l’entraîneur. Puis la fin de cette cohorte flamboyante s’annonçait en égrainant les derniers tous aussi véloces que les premiers, suivis d’un bon dernier, à l’allure pourtant tout aussi appliquée que de la graine de champion, il déroulait son allure frégatée, comme la lanterne rouge pressée sur son arrière par deux chiens de garde, comme des motards dans la course...Il ne restait à présent de ce passage éclair, que des crottes de vélo et le souvenir odoriférant de ces exhalaisons sportives...Ici Villemejane, à vous la bergerie...
La semaine prochaine : Les jeux olympiques.
fleurs et tomates