Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Les nuages se sont empilés les uns sur les autres. On dirait un carambolage sur l’autoroute du ciel à hauteur de l’Aigoual. Depuis trois jours le ciel nous pisse dessus. Ceux qui repiquent les oignons se planquent à l’abri en triant les plants. Les yeux scrutent le plafond nuageux à la recherche d’un signe de bon signe, mais rien ne vient, il pleut. Il repleut. C’est la mousson de printemps, comme il y a quelques années que ce n’était pas arrivé. Pour un paysan, le mauvais temps, c’est le même temps qui dure trop longtemps qu’on dit par ici ; sécheresse ou pluie ou bien vent en furie, trop longtemps c’est toujours de trop. Le mauvais temps pour un citoyen, c’est une façon de subir une politique qui dure depuis trop longtemps. Les nuages s’accumulent au dessus des manifestations et rien ne semble présager de leur dispersion, nuages et manifestations, rien annonçant qu’un vent nouveau nous éclaircisse de ce coté désespérant. Seul le mépris du président qui veut instituer « une garde nationale », réduisant l’impact des grèves des enseignants... Pourtant, ça finira bien par venir, après la pluie...Ne rien lâcher, facile à dire, mais à tenir, quand on a rien dans la main, c’est autre chose. Alors je suis sorti sous la pluie, pieds et tête nus, je suis sorti comme pour dire merde au ciel qui me pisse dessus, insignifiant sans doute, mais là, debout, « tout seul peut être, mais.... Je suis un hobit et j'ai du poil aux pieds.
fleurs et tomates