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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Vous qui ne fumez plus dans vos bars, venez respirer à la campagne.

Le jardin, II, suite logique.


Désolé, j’y suis retourné. Après tout c’est normal, c’est mon jardin. Mais depuis hier que je vous en parlais de mon jardin, 72 000 morts estimés en Chine, plus en Birmanie, combien ailleurs...Et moi je suis revenu sous mon pommier, d’où on ne voit rien mais qui montre tout. Surtout il fait de l’ombre. Quand même, le président est allé à l’ambassade de Chine, à mon avis c’est pas pour bouffer des rochers suchards ou des mon chéris, il a quelque chose à demander ou à vendre. L’amabassadeur de Chine a dit que de toute façon, on aurait quand même droit à des jeux olympiques digne d’une vraie fête internationale. En termes olympiques, le pommier çà lui bouge un fruit sans toucher l’autre. Il fait son Jacques, cinq minutes douche comprise, il batifole avec son voisin qui sied planté, 10 mètres plus à l’ouest par insectes interposés, des bises aéropostales et ailées... Le service public fout le camp, il en reste dans mon verger. Aujourd’hui j’ai reçu en cadeau de mes amis maraîchers, Andy et Yvette,  chez qui je vais acheter des plants bio , un plan de cacahuètes...C’est bien les cacahuètes, surtout pour les montrer avec fierté aux visiteurs ébahis de mon jardin. Je peux voir à quoi çà ressemble vos cahouètes ? Bien sûr, suivez moi, c’est au fond de mon jardin. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. On ne peut pas toujours écrire des phrases Zen. Je suis con, aussi. D’ailleurs un jour je vais mourir, aussi. C’est qu’il y a une justice. L’injustice, c’est plutôt ce qu’on vit avant, de mourir. Comment ont vécu ces gens qui sont morts dans ces catastrophes, ou dans les rues de Beyrouth, comment vont vivre leurs proches qui leur survivront ? Dépêchez vous de vivre, c’est un devoir, survivre malgré les cons. Vivre et témoigner que c’est possible. Avec peu. On parle toujours de chiffres, d’indices, de statistiques, et quant aux courbes il s’agit de celles de la croissance, jamais celles de l’amour, ou de chagrin, çà parle à l’amour le chagrin. 72 000 amours, autant de chagrins inconsolables. Existe-t-il une échelle de Richter du chagrin ? J’ai des plants de basilic aussi, à mettre entre les plants de tomates, et parmi ces derniers quelques uns qui ne veilleront pas sur les tomates, parce ce que, c’est du basilic à tisane m’a dit Andy, qui vient de l’île Rodrigue où je suis allée m’a dit Yvette...Cà doit  être quelque part sous mes pieds, l’île Rodrigue. La terre est ronde et mon jardin est au dessus. Et je suis assis sur mon banc de bois, à vingt mètre dans l’Est du thym citronnelle et de l’estragon. A chacun ses coordonnées géographiques, les miennes sont sensorielles et olfactives. Comment je vous prie, accepter dans ces conditions une offre d’emploi acceptable? C’est à quelle distance de mon pied d’oseille ? Tout le monde devrait avoir droit à son jardin d’Eden, s’estimer bienheureux de la création, pour s’assoire au milieu du potager, poser son cul au fond de ce qu’il reste d’air frais, parce qu’ici, c’est pas le fond de l’air qu’est frais mais la pensée qui s’y installe...S’assoire au milieu du mois de mai, le plus beau de tous les mois, un mois où il ne faudrait pas bosser plus de trente cinq heures tous les quarante ans, encore de la fraîcheur dans ces moyennes montagnes, et déjà comme des orages d’été, de l’eau, de l’eau qui ne vient pas encore à manquer. J’ai tourné la tête un peu trop tôt, et le faucon crécerelle qui niche dans le maset au dessus est reparti effarouché, par mon mouvement inopiné, les petits, attendront la musaraigne que l’oiseau avait en son bec. Un gros con de corbeau a essayé de le lui piquer. Des soucis sont sortis au milieu de l’espace dévolu au potager, encore des fleurs en perspective. Les tournesols sont repiqués ailleurs, sinon ils pompent de trop, au détriment des légumes. J’ai oublié de leur mettre un torchon sur la tronche l’année dernière, du coup, ils ont tombé la graine là où ils étaient, c'est-à-dire au milieu des tomates. Le mois prochain, je vous parlerai des choux. Ah et puis des oignons, demain je repique des oignons chez des copains. Demain, c’est mal au cul, aux cuisses et aux reins. Demain tout le monde en ligne, les fesses de la voisine sur le rang au dessus du tien, le nez dans les oignons... Des fois c’est bien aussi la vie à la campagne, ne lâchez rien, putain ne lâchez rien...

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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