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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Namasté se dit aussi Namasté en Cévenol.

Bordé par mon grand arbre, je me suis endormi sur la terrasse.

Un petit souffle d’air, des branches qui se soulèvent pour le laisser passer, les feuilles qui bruissent en alertant à la caresse et, de  la brise douce et parfumée m’ouvrent le cœur direct en Inde. Et c’est de l’éternelle nostalgie des voyages trop courts, de ceux qui durent éternellement. Les yeux fermés, les couleurs me traversent, l’ocre et le bleu, les fumées qui s’en parent, les odeurs et les parfums qui s’entremêlent, comme la blancheur des yaourts à l’étal et la crasse du caniveau, le parfum de santal et les odeurs d’urine. Et la friture garde l’entrée de la rue des sweets sur son brasier qui s’émeut dans le four, c’est étroit et sombre, et la vache t’empêche de remonter alors tu te ranges devant la boutique et tu en redemandes encore. Et les pieds nus sur les marbres fendus des temples et frais comme celui de nos hôtes, tandis qu’un singe dévalant d’une citerne passe devant la fenêtre aux barreaux, et tu retiens, cul noir, cul rouge. La petite fenêtre à demi fermée et le bruit de la rue. Le bruit des rickshaws, les klaksons. Manger avec la main droite, manger à en pleurer sur le piment. La cuisine, la cuisine omniprésente, le thé aux épices, le tchaïiii, au lait aussi, au sucre encore et encore, le lassis et le ...coca, les verres de jus de canne qui crie sous les rouleaux, les vaches, les maisons aux portes vertes, les maisons aux portes bleues, les enfants, l’atelier mécanique, le tisserand, les tissus, les tissus, les tissus...La boutique du joaillier, et lui, très fier. Les hommes avec un petit coton parfumé à l’oreille, les femmes avec la fleur d’un jour dans le chignon, l’huile, de l’huile dans les cheveux noirs et les fronts marqués d’un maquillage ou d’une offrande. La biddies fumée dans le chop du peintre et d’autres effluves encore, et la rue qui déboule sans cesse, inlassable et agitée, tumultueuse quand retentissent les cloches sur les gates et le soleil qui disparaît, et c’est un défunt qui s’enflamme, pujas, fleurs sur le holy lac. Le coiffeur qui jette un œil entre deux coups de ciseaux, le doctor qui t’as vu passer et a reconnu ton mal de tête, c’est le foie...t’es assis et il te prépare une mixture à coups de pilon, à coup de bocaux, à coups de tout et puis une ordonnance sur un p’tit papier, un coup en anglais un coup en hindi, tu vas dire oui, sur ce, cherche tes roupies, en dodelinant de la tête à leur façon et tu iras, déjà guéri, goûter en rentrant dans ta chambre, le mélange improbable du concentré de tous les goûts de l’Inde réunis en poudre....et la poudre de la fête des couleurs, marcher à ce moment revient à se parer dans un mouvement rapide de toutes les teintes de la ville pour vite se réfugier derrière les portes de la guest house, enfin à l’abri sous l’œil médusé d’un suisse devant sa bière.

Un petit souffle d’air, les branches qui se soulèvent pour le laisser passer...

International Airport of Villemejane sur le Ganges.

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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philippe 12/06/2008 13:04

c'est vrai on n'en peut plus, le plus vite possible...

Sébastien 12/06/2008 12:18

c'est quand qu'on part?