Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Giscard, dans mon poste ce matin, pour expliquer pourquoi les peuples ne veulent pas d’Europe… Ca me rappelle le grand toubib quand il venait à la maison quand j’étais gamin et qu’il expliquait à ma mère que l’huile de foie de morue c’était bien le matin avant de partir à l’école. Non, je ne vais pas faire ici une diatribe anti européenne, j’aimerais mieux me sentir citoyen de ce grand pays, arrêter de gueuler comme un coq parce que je vis dans un slip trop p’tit, parce qu’à notre échelle rien n’est vraiment possible. Et je continue à me demander où sont ces partis pan européens, de même que les mouvements syndicaux qui donneraient aux luttes une dimension plus juste, où sont les parlementaires qui semblent vivre cachés dans un lointain édifice, reclus et peut être besogneux, sans qu’on sache vraiment à quoi ils servent. On vit dans l’Europe du général, celle du cabri qui saute sur les genoux du grand Charles et crie son attachement à la corde qui le relie au piquet. Il n’y a point de rêves dans cette Europe là, point d’utopie, juste une harmonisation du plus petit dénominateur commun à savoir comment tirer au maximum la couverture à soit et surtout mal communiquer des décisions impopulaires à telle ou autre corporation. Que l’on veuille protéger le thon rouge et c’est toute une communauté qu’on déshabille, celle des pêcheurs qui prend à partie l’opinion qui n’en a guère, sur le thème de l’incompétence des experts européens, cette nébuleuse qui ne sert qu’à empêcher les peuples de tourner en rond. Tant qu’il n’y aura pas de représentation tangible, d’incarnation d’un choix politique véritable venant des peuples, je crains que cette Europe là ne soit perçue que comme l’émanation d’un stratagème savant, celui qui consiste à nous faire avaler à la grande cuillère la potion libérale.
je crois même qu j'en ai davantage, plus l'étau se ressère, et plus je retrouve mes vielles idées, mes vieux combats, mon viel anthousiasme contre les rats et les empécheurs de joie,
Cet esprit de fronde et de lutte que l'on avait rangé au placard (mais avec de la naphtaline, on sait jamais) en 1981 quand la gauche est enfin arrivée!
Lutte, combat... RESISTANCE ce mot je me le répéte tous les jours pour chaque action, chaque geste de la vie au quotidien, je le prononce à voix haute aussi, ça fait du bien! et je ressors les vieux livres qui soulagent qui guerrissent;
j'invite dans mon jardin Aragon, Lorca, Eluard, Prévert et tous les autres de cet trempe, J'ai lu ce matin à mes rangs de carottes, un passage de Bachelard, elles aiment bien Bachelard mes carottes, mes salades un peu moins... " Soudain une image se met au centre de notre être imaginant. Elle nous retient, elle nous tire, elle nous fixe. Elle nous infuse de l'être." (La poétique de la rêverie) Alors je rêve, pas vous ?
je rêve à autre chose que profit, pétrole, Europe des autres (et pas la notre) à autre chose que grandes surfaces, que télé, que sécurité épargnée, Non je rêve juste d'une poignée de main caleuse, du sourire des naîfs, de prendre les trains qui ne vont pas vite pour faire un poème avec le nom de toutes les gares et de l'offrir au vent et à la première personne que je croise à l'arrivée. Elle même est venue d'ailleurs, peut-être de chez moi... Je rêve a en danser! "l'europe une des cinq parties du monde" (Georges Perec) l'Europe sera danse car les hommes de cette cinquème partie ont le pouvoir de rêver! c'est à dire de bousculer cette poignée de bonimenteurs et d'offrir ce mouvement de joie aux autres parties du monde.
Dans mon rêve c'est tout de suite!