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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Le Bonheur existe et il est frais.

Et dimanche je suis parti avec la petite fille et sa maman de l’autre coté de la montagne. J’ai encore pris notre bagnole à particules jusqu’à parvenir au village sur le plateau. Puis nous avons marché, avec nos petits sacs sur le dos. La voiture restait garée loin de la dite zone protégée, puisqu’une frontière tacite évite toute propagation de souillure au-delà d’un panneau le signifiant lorsqu’on en sort « Vous quittez une Zone protégée... » et qu’une phrase courte suit recommandant d’adopter également une bonne attitude de l’autre coté...Je sais, j’aurais du proposer de faire à pied les 27 kilomètres nous séparant de notre objectif, à moins qu’un jour, accompagné d’un âne...mais c’est une autre histoire qui ne traduit que mon embarras et toute l’ambiguïté sur la notion des bienfaits dus à une telle ballade et un pic nique au grand air.

Nous sommes donc partis, cette fois ci comme des marcheurs à la suite de cet épisode. Un lac asséché « accidentellement » comme l’annonçait une note municipale, un cours d’eau qui l’alimentait  le traversant encore et puis un sentier le jouxtant qui mène à l’ouverture d’une vallée ensoleillée puis,  la route rejointe qui disparaît tout à coup, laissant place à un chemin aussi large mais en graviers, puis en terre jusqu’à parvenir à une ferme. Poussière levée par un petit vent frais, quelques cirrus, les arbres frémissant sous le vent, la ferme, vente d’oignons doux, fromages de chèvre et migout,  fertilisant  composé de crottes de chèvres en sacs,  des chiens de bergers, un salut amical des fermiers puis le chemin continue jusqu’à une autre bâtisse, un kilomètre plus loin, plus ancienne, plus solitaire encore et là où se termine le monde des hommes en même temps que l’électricité. Passé ces dernières constructions habitées, le chemin se rétrécit, des ornières apparaissent, un troupeau de vaches et deux taureaux font la sieste au soleil. Une barrière, des barbelés, un portillon métallique et au détour d’un virage un autre espace apparaît. L’ambiance change imperceptiblement au rythme des pas. Il fait chaud à présent, même à mille mètres d’altitude. La vallée jusqu’ici large s’offre toute entière au regard jusqu’en son fond. Un arbre, la rivière, un gué.  

Ici la rivière qui a donné son nom à cette vallée haut perchée s’appelle le Bonheur. Il a donc fallut se résigner à l’honneur de franchir le Bonheur à pied. Et je me suis arrêté en plein bonheur,  pour être sûr d’avoir bien compris. J’étais au milieu du bonheur qui courait à nos pieds et la petite qui trébucha sur une pierre se mouilla pleurant attendu que le bonheur était frais. Une fois passé de l’autre coté de la félicité, le chemin suivait de courbes en déclivités l’humeur tranquille de l’histoire en ces lieux jusqu’à parvenir à l’Abbaye du même nom, plaisir de contempler des constructions vieilles de mille ans et préservées des outrages par un chantier patrimoine...Une longue pause en ces lieux, puis retour par le même chemin jusqu’à retraverser la rivière, à peine ridée d’une petite brise, le plaisir du Bonheur en sens inverse s’éprouve de la même manière, en se trempant les pieds.

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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