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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Chronique des pays d'en bas....le stop.

 

 Je prends de plus en plus souvent du monde en stop.  Il en est de plus en plus, comment ne pas voir, comment ne pas s’arrêter. Non pas comme allusion à l’invitation au voyage, version vacances ou bien aventure sac au dos. Mais là, le plus souvent, si ce n’est à coup sûr,  quelqu’un ou quelqu’une, dans la galère, avec une triste mine sur le bord du chemin au sens littéral et puis dans la métaphore qui sied aux temps actuels, dans l’exponentielle course législative qui donne bien du travail et de la légitimité au législateur à son train de sénateur et gratuit et qui met tout un tas de monde hors champ, hors la loi, hors cadre, hors norme parce qu’à vouloir tout légiférer, réglementer, trier, classer, ficher, rentabiliser, optimiser, les humains finissent  par être assimilés à des dossiers, et comme tout dossier incomplet, laissé en souffrance et laissés au bord du chemin. Il y a donc ceux  les doigts dans le nez pour qui çà roule et puis ceux qui marchent en disant  pouce. Ceux qui n’ont pas de taf, pas de thunes, pas d’intérêt  dans le monde  des cracks qui s’en grattent les bourses,  de plus en plus d’humains au bord du chemin qui suivent le leur, chaotique, erratique, ombres  sur le bord des routes de campagne pour être sorties, à force de tourner à vide, des orbites citadines. Celui qui chemine pour répondre aux convocations taquines des antennes sociales diverses, ou pour acheter,  quand c’est encore possible, de quoi bouffer, ou bien se faire soigner, peut être, ou simplement pour rencontrer l’autre,  souvent à l’hôpital,  ou dans un autre chez lui comme un bar à traines misères, pour s’arracher tout simplement, à son isolement. C’est toujours simplement, mais c’est compliqué. Souvent,  une fois la porte claquée, çà sent la clope, ou le feu de bois, çà sent  le désespoir ou çà sent l’ennui ou la solitude, ou les trois réunis,  çà sent des pieds et çà sent les petits rien d’une vie qui a oublié pourquoi, à force d’être oubliée pour ce qu’elle était, précieuse pourtant comme tout à chacun, fragile et plus belle qu’entre toutes un instant, un jour, il y a longtemps ou bien il y a vingt ans, au sortir d’un ventre qui l’a conçue, une vie qui a  les traits tirés comme une gueule de CMU à faire pâlir un spécialiste du refus, les dents sans soins, les visages vieillis prématurément, entre les genoux, souvent aussi un petit  sac plastique, avec de l’air comme dit Souchon, c’est déjà çà. Peu de conversation, juste un moment de répit. Je leur fous la paix. Des humains pourtant, loin de la planète finance, loin de la planète politique, des partis, des syndicats, loin de l’idée d’une bulletin de vote ou même  l’idée d’un droit, loin de la planète fraternité, loin de la planète boulot, loin de tout et même de leurs pompes.

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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