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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

A l'aise en reporter comme Ed Wood à Monaco, suite...

...Eh ben non, c’est pas le moment d’une bière. Au dessus de Font vieille, les remparts, un terre plein, on domine la ville vers l’ouest, j’avais vu sur le deuxième port où les yachts sont plus modestes, le stade de foot et puis au-delà, Le Cap d’Ail, la commune française mitoyenne avec le « rocher ». Et c’est là que je devais aller et retrouver à l’heure la manif sous peine de transformer mon petit reportage en ballade de Robert dans une cité pour poupées Barbie. Courses dans les escaliers, retour dans la ville, les belles bagnoles, les décapotables, tiens, un escalator dans une grotte, arrivée dans un centre commercial pour troglodytes, au bout, la sortie près du port, re escalator, direction à peu près comme çà vers le stade....çà serait con d’ avoir fait toute cette route et de louper le sujet de mon déplacement... putain y fait chaud ici...Je demande mon chemin, personnes n’est d’ici. Je suis nulle part et je cours vers ce qui me semble être la bonne direction. Escalier à nouveau, j’arrive en haut essoufflé. Je suis au Cap d’Ail à n’en point douter. La rue, la circulation, ah çà doit être par là, des flics... Ils m’observent. C’est curieux ce sentiment d’insécurité quand un gardien de la paix vous observe. Je traverse et passe devant eux. J’en vois d’autres plus loin. C’est comme un parcours fléché, en bleu. Mais pas de manifestants à l’horizon. Je poursuis, une station de bus sur cette route en corniche. La ville est à flanc de la côte, la mer en bas, la montagne au dessus, faut monter. Encore des gendarmes, par petits groupes, positionnés tout le long de cette route qui va du Cap D’Ail vers Monaco, çà fait bien deux kilomètres comme çà. Ya un hélicoptère au dessus qui semble surveiller. Ah, enfin, ce qui de loin me semble être un manifestant, il a toute une panoplie de drapeaux. Il attend le bus. Il est pâle. Près de lui, des CRS, des gendarmes, en panoplie de play mobile, genouillères, brodequins, matraques, regards martiaux, inamicaux, tendus, soupçonneux, y’en a un qui venu vers moi à présent, il tripotte mon pied de caméra dissimulé dans un sac en toile, il me soupçonne de transporter quelque chose de suspect, pour lui c’est sur, y’a un point noir qui n’est pas clair. Je m’adresse au gars qui attendait le bus. Il me dit que la manif est regroupée  plus haut à deux kilomètres , car en dépit d’une autorisation de manifester, en fait c’est impossible ici...je sors ma caméra, pour les premières images, c’est un gars du syndicat Sud, pas le temps de poser ma première question, les gendarmes arrivent sur nous... cinq, six, plus...la tête rentrée dans les épaules, pas gentils...

-votre pièce d’identité...

- vous êtes journaliste ?

-non...

- Vous avez une carte de presse ?

- Je suis reporter citoyen pour La Télélibre..

- Vous n’avez pas le droit de faire des interviews dans la rue comme çà, sans autorisation, c’est interdit, y a des lois...

Il prend note des infos qu’il lit sur ma carte d’identité...

- Où habitez vous Monsieur Maréchal ?

- Comme c’est indiqué sur ma carte d’identité que vous lisez Monsieur...

- Attention...

-Valleraugue...Je ne crois pas ce que vous dites, Monsieur, j’ai le droit de filmer...

Les autres en bleus se rapprochent de moi, un poil oppressant, le gars qui attendait son bus est tout blanc et je me dis que je suis venu l’emmerder pour rien d’ailleurs ils contrôlent également son identité...merde, je repense, tout ce chemin peut être pour rien, faut calmer le jeu, je me connais, faut toujours que j’ouvre ma gueule...faut calmer le jeu j’ai des images à faire moi...et puis ma petite caméra...c’est con elle est allumée ...mais elle n’enregistre pas...au moins j’aurais pu avoir un son...

- je vous conseille de ne pas insister, je vous le répète il y a des lois pour ce genre de choses, rangez votre matériel, vous n’avez pas le droit de filmer...

Un autre gendarme, me dit aussi de ne pas insister, genre j’énerve le chef...Je commence à ranger mon matos, tandis qu’il me rend ma carte, mais c’est plus fort que moi, j’aime pas qu’on me demande qui je suis et qu’on ne se présente pas en retour.

Ca me rappelle l’armée, la marine, les gendarmes maritimes qui prenaient un malin plaisir à fouiller mon sac, histoire de me faire louper mon train...

- et vous qui êtes vous monsieur le gendarme ?

Il est pas content...

-Vous êtes du Cap d’Ail ?

- monsieur on a été polis avec vous....

- Ah ben moi aussi...y’a pas d’raison... Ah ben dites dont...C’est mon coté élevé au Bourvil. Sauf que le De Funès du moment est moins drôle. Je sens que j’énerve, bon, faut pas, y’a mieux à faire...le bus arrive, je saute dedans, après avoir fait signe au gars du syndicat, on y va...je suis dedans...entrée en matière, je vais rejoindre la manifestation qui s’est donnée pour but de fermer symboliquement les portes du paradis fiscal....Tiens, ils m’ont laissé partir comme çà...

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À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
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