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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Post Sriptum

Dimanche d’hiver, un vrai. Un dimanche froid, avec un vent glacé qui descend le massif et s’engouffre dans la vallée. Il caresse les tuiles après avoir glacé les ramures, secoué les branches de l’Eucalyptus. Les bouleaux en ont perdu leurs feuilles, les fruitiers aussi et ils paraissent malingres, comme abandonnés au froid. Ces arbres expriment bien la nudité, la fragilité qui survient après l’exubérance passée,  aux saisons Chaudes. Il a neigé. C’est la seconde fois. L’hiver s’annonce tôt. C’est le sort réservé aux demis saisons par ici. Au printemps,  survient la bascule soudaine dans l’été et à l’automne, passé les grosses pluies, vient le froid mordant. La montagne est redevenue grise, maronnasse, coiffée de  châtaigniers et  de fayards déplumés. Seuls les chênes verts résistent à l'idée qu'il faut se résoudre au deuil, avec les conifères. Pour les habitants sauvages des forêts, c'est la mort, coiffée d’une casquette orange, qui rode  le mercredi et puis le weekend. C’est comme çà, c’est humain, à la rigueur de l’hiver, il faut ajouter le plomb. Dans la nuit un chien de chasse perdu s’est trimbalé à côté agitant les clochettes de son collier. Les rafales de vent ont donné un coté «  Baskerville » à tout cela. J’ai regardé l’interview de Benoit Hamon réalisée par John Paul Lepers sur latélélibre.fr. Le PS ne me passionne guère, j’ai donc fait un effort, quand même pour dire que je m’intéresse.... Même si John Paul à l’art de savoir poser les questions, il m’a surpris, étonné ce Benoit, je dois dire, j’ai trouvé du bon sens. J’ai même pensé qu’il était bien, accessible mais sans démagogie. Je me suis même surpris à trouver étrange qu’il soit au PS, étant donné la clarté de ses propos. C’est dingue je comprenais tout ce qu’il disait, du coup je ne comprenais pas ce qu’il faisait encore là. Bon c’est un brestois il parait, bon point pour moi...Là bas, le parler est franc, plutôt frais sans ornements, comme un coup de vent qui monte de la rue de Siam et s’enfuit en bousculant les passants qui tirent des bords entre les bistrots dans la rue Jean Jaurès. Il parlait du décrochage entre les « gens », et son parti. Il disait, que les gens s’en foutaient et se retrouvaient à l’écart, en gros conscients que rien ne changerait rien, voter là ou bien ici c’est du pareil au même, et qu’il fallait se débrouiller sans eux. C’est vrai qu’on se débrouille sans eux. Qu’on est à l’écart, évitant les coups comme on peut et s’attrister à voir tout se déliter, les usines fermer, les services publics péricliter, le mensonge s’installer durablement tandis que s’invente çà et là un autre façon de vivre et de résister, sans qu’ils daignent s’y attarder, une autre façon qui rend caduque et décalé les discours de grand messe, et qui envoient à coup sur au nadir celle qui s’enflammait au zénith. Début de la sagesse ou bien dépit, je ne sais pas, de la lucidité en tout cas, de la franchise dans les propos Benoit Hamon. Gauche, droite, autant de mots comme pour armer des paires de claques qui se succèdent et achèvent de sonner le « bon peuple » qui en devient sourd à ceux là...attention comme il dit de ne point jeter dans le désespoir et l’à quoi bon, on sait bien ce qu’il advient des désirs de ceux qui n’en ont plus les moyens, la seule liberté qu’il leur reste est celle quiconsiste à s’infliger un sort plus rude encore... On est bien loin des mots creux comme des désirs d’avenir ou bien façon tarte à la crème qu’est devenue cette expression insupportable : » la volonté de rassemblement »...oui... pourvu qu’il s’opère derrière moi. Mais qui se trouvent encore derrière eux, à parler d’un pays qui n’existe pas, dans un langage venu de la planète Oxo, et qui voudrait se soucier de leur avenir à eux, confortables dans leurs vies si loin, si loin de nous...tandis qu’ils sont accaparés par leurs egos, leurs ambitions, leurs visions, ,jusqu’à se déchirer en recomptant leurs billes. Le froid avance, recouvre et glace, c’est un dimanche d’hiver, un vrai qui fait grincer et claquer des dents.

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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