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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire D'andré Blanchemanche

Primo LEVI et Mario Rigoni STERN occupent, l'un et l'autre, une grande place dans mon modeste Panthéon littéraire. Les conséquences imprévisibles des errements sur le Net m'ont conduit à découvrir la lecture de la lettre que libella STERN au lendemain du suicide de LEVI.
Cette lettre fut lue par Jean-Claude ACQUAVIVA devant un auditoire que je suppose corse. Je vous propose de vous intéresser durant quelques minutes à la rencontre, par delà la mort, de deux grands écrivains. La voix si prenante d'un des animateurs d'A FILETTA confère à ce texte magnifique une dimension quasi sur-humaine.
Cliquez ci-dessous.
 
 
"S'agapo" de Renzo BIASION (La fosse aux ours). Voilà une série de somptueux récits publiés à Turin en 1953. Traduits par François Maspero. Des récits dont je ne me défais pas depuis que j'ai refermé le livre. Des récits qui narrent le quotidien de militaires italiens lors de l'occupation d'une partie du territoire grec durant la seconde guerre mondiale. Des récits qui installent les exilés dans l'univers qu'ils sont sensés investir, mais dont ils s'accommodent, au sein duquel ils survivent tant bien que mal. Des malgré eux, en quelque sorte. Empêtrés dans une guerre qui n'est pas la leur. Parmi des paysages qui rappellent l'origine de notre monde et que Biason décrit à la façon du peintre qu'il fut. Voilà une oeuvre, une oeuvre authentique, qu'il importe de sortir de l'anonymat.
 
 
"Le ciel n'attend pas" de Tawni O'DELL (Belfond). Mon côté midinette. Atteindre aux dernières phrases, aux derniers mots d'un  roman, des larmes plein les yeux. Se reprocher: "Tu t'es laissé berner!" Eponger le trop plein. Puis  réfléchir. Pour enfin reconnaître qu'il se dégage de ce roman-là quelque chose d'exceptionnel. En dépit des ficelles, d'une intrigue aux rebondissements prévisibles. L'exceptionnel occupe tout l'espace que Tawni O'DELL concède aux humbles, aux damnés de la terre. En l'occurrence des mineurs de Pennsylvanie. L'auteure prend leur parti, leur manifeste un respect désentravé de toute condescendance. En y greffant toute la violence qui ne se contient pas, qui ne s'accepte pas. La voix d'une femme pour hurler à la face des nantis d'incompressibles colères, pour dénoncer les injustices, l'hypocrisie. Un roman utile, un roman de la révolte, un roman d'une humanité qui résiste.
 
 
"La désobéissance" de Naomi ALDERMAN (L'Olivier). Ou plutôt la transgression? Une jeune juive exilée à New York s'en revient à Londres où son père, rabbin, vient de décéder. L'immersion dans une communauté juive orthodoxe fait renaître le souvenir de cette transgression. Il n'est ni regrets ni remords. Bien au contraire. L'héroïne persiste, au grand dam de cette société figée. Une société qui n'a de cesse de la renvoyer d'où elle vient. Le tableau que brosse Naomi Alderman foisonne de détails qui suggèrent la répulsion. Ne m'aura déçue que la conclusion qui renvoie, tout à coup, à d'étranges concessions. Même s'il s'agit d'affirmer l'appartenance à une culture. Avec, en filigrane, tout ce qu'elle implique pour une femme.
 
 
"Corniche Kennedy" de Maylis de Kerangal (Verticales). Le convenu de l'intrigue, proche du polar. Le gros et vieux flic désabusé. Les politiciens pourris. Les mômes des cités et d'ailleurs, dont les différences sont moins voyantes qu'il n'y paraît. Le tout cousu de fil blanc. Mais.... Car il y a un mais. L'intrigue a pour cadre Marseille. Et chaque fois que Maylis de Kerangal évoque Marseille, la touche est juste. La ville. Son ciel. Son climat. Ses ambiances. Le tout avec précision, concision, mais aussi avec tendresse, aces passion. Ce qui rend attachant ce drôle de roman!
 
 
"Qui trop embrasse" de Judith BERNARD (Stock). Le monde effrayant de l'université. Les clans. Les guerres intestines. Désirs et répulsions. Le tout observé par une jouvencelle qui met du temps à se déniaiser. Oeuvrette franchouillarde qui ne parvient même pas à atteindre au règlement de compte à l'encontre de l'institution.

André Blanchemanche ( en lien ici dans "le palavazouilleux)
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Philippe Maréchal

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