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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire D'andré Blanchemanche

"La domination" de Karine TUIL (Grasset). J'ai failli renoncer. J'aurais eu tort. Car ce roman dérange, interpelle, questionne. En dépit de très grosses ficelles. La fille, écrivaine. Au lendemain de la mort du père. L'éditeur. Au lendemain du décès de l'ami. L'investigation. Les remugles. Qui est qui? Au travers des filtres des cultures russes et juives qui s'amalgament ou s'opposent? Dans le magma des conflits contemporains? Parmi les clichés que les protagonistes s'évertuent à traiter dans un noir et blanc qui ignore les nuances? Roman troublant. Sans doute en raison de la capacité de l'auteure à extirper le plus sombre chez chacun de ses personnages.
 
 
"Laver les ombres" de Jeanne BENAMEUR (Actes Sud). Déçu. J'avais ouï l'auteure présenter son roman. A Montélimar. Mon attente se situait à la hauteur de son propos. Au bout du compte, je n'ai point frémi lors de ma patiente découverte de la relation mère/fille. Même sublimée lors de la nuit d'une tempête immémoriale. Lorsque la chorégraphe (la fille) s'entend révéler la part dissimulée de la vie de la mère. Et donc, par voie de conséquence, du père. Seul le court portrait de l'amant de la chorégraphe atteint à une certaine épaisseur. Ce qui, à mes yeux, ne suffit pas à donner du crédit au roman qui se réduit à une historiette au goût du jour.
 
 
"Porno" d'Irvine WELSH (Au Diable Vauvert). La suite de "Trainspotting". Dix années se sont écoulées. Difficile de renouveler la performance. Si tant est que le premier roman ait bien vieilli.
 
 
"Prolongations" d'Alain FLEISCHER (Gallimard). A force de prolonger, il advient souvent que le lecteur s'ennuie. En dépit des tirs aux putes. A Kaliningrad.
 
 
"La coupure" de Christine BELLAS CABANE (La Dispute). Le sous-titre laisse entrevoir l'essentiel: "L'excision ou les identités douloureuses". L'auteure, médecin et anthropologue, permet d'aborder cette question au-delà des schémas simplistes, des schémas réducteurs, des discours moralisateurs. Que ce soit en France ou au Mali, elle a pris le temps de la rencontre, de l'investigation, de l'analyse. Je sors de ma lecture désentravé de quelques unes de mes certitudes, parmi celles que véhicule, entre autres, la Médiatouillerie. La complexité des approches sociales, religieuses, politiques et culturelles contraint à observer d'un regard neuf les souffrances qui sont infligées à des fillettes ou des adolescentes (avec toutes les conséquences ultérieures sur leurs vies de femmes). Non pour absoudre. Mais afin de développer une capacité d'écoute à l'égard non seulement des victimes mais aussi des "exécutrices", de leur accorder cette reconnaissance, ce respect hors desquels il semble difficile, voire même impossible, de favoriser des évolutions consenties. L'ouvrage n'aborde pas au moralisme. Il n'étaie aucune des thèses prétendument féministes. Il aide à la compréhension donc au dialogue. C'est là, à coup sûr, son plus grand mérite.
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Philippe Maréchal

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