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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire d'André Blanchemanche

Chaos calme" de Sandro VERONESI (Grasset). ".... et maintenant j'ai une définition de calme chaos: une chasse sans fin, une chasse où, d'un moment à l'autre, le chasseur peut se transformer en gibier..." Voilà, sans doute, "mon" roman de l'année 2008. Dans la mesure où, bien évidemment, je me hasarderais à établir des hiérarchies. Dont "ma" lecture a débuté le mardi 30 décembre et s'est achevée ce vendredi 33 décembre 2008. Un roman accompli. Un roman multidimensionnel. Un roman reflet. Un roman miroir. Un miroir qui concentre l'essentiel et les accessoires. Ceux qui donnent sens au monde dans lequel nous survivons, vous et moi. Le sens du n'importe qui imbriqué dans le n'importe quoi universel. Je ne déflorerai donc pas le sujet, même si le sauvetage en mer de deux imprudentes nageuses survolta ma libido, même si la Carla du roman est d'une autre étoffe que celle qui s'est acoquinée avec le Minuscule. Refermé, le roman vibre encore en moi. Que ce roman m'interroge. Qu'il me désespère. Qu'il me réjouit. Qu'il m'exulte.
 
 
"Comme dieu le veut" de Niccolo AMMANITI (Grasset). Non. Je ne boude pas mon plaisir. J'ai dévoré ce (gros) roman sans jamais ressentir ce qui aurait pu être assimilable à de l'ennui. J'ai même freiné des quatre fers lorsque j'ai abordé aux trente dernières pages afin de différer mon approche (et donc ma connaissance) de l'épilogue. Ammaniti a, en quelque sorte, revisité le "Affreux, sales et méchants" de Scola. Doté d'un souffle qui hisse son roman au niveau de l'épopée. Nanti d'une ironie mordante. Tout plein de tendresse, d'affection, de respect à l'égard du "petit" peuple qui souffre, qui se tient à la marge de ce qui fut le progrès, qui en recueille les miettes et qui se débrouille avec le peu qu'il parvient à récupérer. Un sujet grave, traité avec sensibilité et intelligence. Un roman que je ne me lasse pas de feuilleter pour y retrouver tant et tant de mes émotions!
 
 
"Un brillant avenir" de Catherine CUSSET (Gallimard). Je me suis laissé emporter, sans le moindre déplaisir, par ce roman. Sans enthousiasme excessif non plus. Non que le récit manquât de saveur. Bien au contraire. L'itinéraire qui conduit Elena et Jacob de la Roumanie de Ceausescu jusqu'aux Etats-Unis (via Israël)est à l'identique de celui qu'empruntèrent de nombreux ressortissants venus, au cours de la seconde moitié du 20° siècle, des pays du bloc soviétique (dont de très nombreux juifs). C'est plutôt bien raconté. Tellement bien que surgit parfois l'interrogation: "Et si c'était trop beau pour y croire?". Croire que de l'autre côté de l'Atlantique se résout la quasi totalité des problèmes parmi tous ceux qui demeurent en jachère non seulement sur le vieux continent, mais également du côté de Tel-Aviv et de Haïfa. Et puis, une écriture inégale, parfois inaboutie, nuit au roman de Catherine Cusset.
 
 
"Le soleil se couche à Sào Paulo" de Bernardo CARVALHO (Métailié). Déçu. Ce roman reproduit ce qui m'avait séduit dans "Mongolia". L'effet de surprise ne joue plus. Carvalho réaffirme son attachement à l'Asie. Une vieille restauratrice japonaise installée au Brésil demande à une sorte de non-écrivain de mettre en forme ses mémoires. L'intrigue ne manque pas d'intérêt. Mais le souffle de l'inspiration est absent. Au point qu'il m'est arrivé de me demander si Carvalho n'était pas lui-même ce non-écrivain.
 
 
"Des néons sous la mer" de Frédéric CIRIEZ (Verticales). Souvent drôle, l'histoire de ce sous-marin et de ses navigatrices. 2012. La raie publique décrète la réouverture des bordels. Quelques dames de grande vertu s'associent et redonnent une seconde jeunesse à un bâtiment désaffecté par la marine nationale. Tout cela en baie de Paimpol, sous le regard du tenancier du vestiaire. Au bout du compte: un plutôt agréable moment de divertissement.
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Philippe Maréchal

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