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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire D'andré Blanchemanche

"Vilains moutons" de Katja LANGE-MULLER (Laurence Teeper). Un roman d'une noirceur infinie. Une histoire d'amour à cheval sur deux Allemagnes, en équilibre instable sur un mur. Deux perdus, deux égarés qui additionnent leurs souffrances. Deux perdus, deux égarés qui ne recherchent même pas une quelconque rédemption. Qui survivent à Berlin, arrimés l'un à l'autre lorsque les circonstances les y autorisent. Mais cette noirceur est traversée par la fulgurance d'éclairs qui laissent entrevoir des possibles. Je m'émerveille de la rencontre avec une écrivaine allemande qui, jusqu'à ce jour, m'était totalement inconnue.

 

 

"Seul dans le noir" de Paul AUSTER (Actes Sud). Plus qu'une relation littéraire, un ami. Enfin, comme le Lecteur l'entend. Fidèle, attentif, donc parfois déçu ou frustré. Mais toujours présent, et cela depuis une bonne vingtaine d'années. Plus que jamais au sortir de ce livre dévoré d'une seule traite. L'histoire que conçoit l'écrivain et qui se juxtapose à ce qui pourrait être une autobiographie. L'Amérique déchirée, en proie à une possible guerre civile et la retraite d'un vieil homme dans le Vermont, dans la proximité de sa fille et de sa petite fille. Ce roman ne se raconte pas. Il se savoure. Une objet littéraire non identifiable mais que le Lecteur s'engage à relire dans un très proche avenir. Pour le seul bonheur d'entretenir l'amitié évoquée ci-dessus.

 

 

"Laisse les hommes pleurer" d'Eugène DURIF (Actes Sud). Un écrivain que je n'avais jamais fréquenté. Un roman âpre et douloureux qui conjugue deux destinées. Celle d'un "sans parents" et celle d'un déporté, enfant réunionnais transféré dans la Creuse. Recueillis par des Thénardier, paysans exploiteurs des misères enfantines. Devenu adulte, le "sans parents" part à la recherche de son compagnon d'infortune. Ce court roman qui évoque plusieurs fois le "Sans Famille" d'Hector Malot aborde à ces histoires que la mémoire collective enfouit dans des culs de basse fosse. Il mérite donc toute votre attention.

 

 

"L'incertain" de Virginie OLLAGNIER (Liana Levi). Le Lecteur ne dissimule pas sa déception. Lui qui est resté à la périphérie de ce roman. Un roman auquel il n'a pas cru un seul instant. Alors qu'il s'était laissé séduire par la première œuvre de l'auteure ("Toutes ces vies qu'on abandonne"). L'exercice littéraire ne l'a pas convaincu. L'Histoire a bon dos. Elle que Virginie Ollagnier effleure à peine. La vie d'un homme qui émerge avec la Révolution d'octobre et qui atteint à son apogée en mai 68. Si peu convaincant, cet homme-là. Qui aura aimé/désiré trois générations des femmes d'une même lignée. Le Lecteur attend le prochain roman de Véronique Ollagnier. Qu'il s'efforcera de lire sans le moindre parti pris. Lequel, en raison de son émerveillement initial, aura peut-être faussé sa lecture de "L'incertain".

 

 

NB/ Libération du mercredi 4 mars consacre sa une au roman d'Emmanuel CARRERE, "D'autres vies que la mienne" (P.O.L.).

Libération qui n'y va pas avec le dos de la cuillère, avec ce titre un tantinet racoleur: "Le livre évènement". Ce qui me dérange, c'est ce singulier. Ce qui m'horripile, c'est cette exclusive. Que je juge d'autant plus incongrue que les pages "Livres" (donc au pluriel) de Libération sont normalement greffées à l'édition du jeudi. Mais voilà, au temps des joffrinades, on a des partis pris. Que cautionnent Gérard Lefort, transformé en éditorialiste accessoire. Je ne lirai ce roman que dans dix ou quinze ans. Si je survis à la crise, bien entendu. (Sinon, je n'aurai pas souffert de me priver du chef d'œuvre cher aux joffrinistes!). Juste pour vérifier alors que certains talents ne valent qu'au sein de la société des cooptations, des prêtés pour un rendu, des copinages. Une société frivole qui confond littérature et gratte-cul
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Philippe Maréchal

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