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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire D'andré Blanchemanche

"La route" de Cormac McCARTHY (L'Olivier). Le roman de la fin du monde. Dont l'Auteur prend bien soin de ne pas préciser le pourquoi. L'Apocalypse, au sens biblique. Quelques survivants. Tels des ombres diaphanes, sensés appartenir à deux entités distinctes: les gentils et les méchants. Sans que les frontières soient clairement établies entre ces deux entités. Et puis, le père et le fils qui empruntent la route, en direction du sud et de la mer. Une longue marche. Une marche douloureuse, une marche désespérée au milieu des ruines de l'ancien monde. Jusqu'au terme, qui laisse entrouverte une perspective d'espoir. Un espoir ténu. Confronté au constat que rien ne sera plus jamais comme avant.

"Autrefois, il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d'ambre où les bordures blanches de leurs nageoires ondulaient doucement au fil de l'eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos, il y avait des dessins en pointillé qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D'une chose qu'on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profonds qu'elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l'homme et leur murmure était de mystère."

 

 

"L'ultime question" de Juli ZEH (Actes Sud) Le Lecteur ressent un sentiment mitigé. Entre le plaisir et la frustration. Au bout du compte, le premier a pris le pas sur la seconde. Cette sorte de polar fantastique oppose deux faux jumeaux. Mais puisque, en dépit des apparences littéraires, le roman est assimilable à un polar, le Lecteur ne déflorera pas le sujet. Il précise toutefois que la lecture du précédent roman de Juli Zeh ("La fille sans qualité") lui avait procuré des sensations à la fois plus riches et plus subtiles.

 

 

"Bonbon Palace" de Elif SHAFAK (Phébus). La vie d'un immeuble d'Istanbul et de ses habitants, dans un environnement plutôt aléatoire. Le roman se déguste comme un bonbon acidulé. Sa drôlerie tend toutefois à s'édulcorer au fil des pages et le panorama qu'il dépeint de ce qui pourrait être la société turque y perd, peu à peu, de sa pertinence.

 

 

"Le dernier des Weynfeldt" de Martin SUTER (Bourgois). Le Lecteur succombe à un désagréable sentiment, comme si Monsieur Suter avait tenté de ce foutre de sa gueule. Ce qui relève du subjectif, Il le concède. Mais tout de même. Donc, l'ultime avatar des Weynfeldt. Qui dilapide son immense fortune en récupérant, entre autres, toutes les factures que ses amis sont dans l'incapacité de payer. La farce n'a aucun goût. Mais le ridicule ne tue plus.

 

 

La Médiatouillerie a fait preuve d'une grande, d'une très grande discrétion. La mort de Pierre BOURGEADE ne l'a guère concernée. Ce qui s'inscrit dans la logique propre à la Médiatouillerie. Je précise donc que Pierre BOURGEADE occupe une place non négligeable dans ma bibliothèque. Depuis qu'en 1966 ou 1967, j'avais découvert "Les Immortelles". C'est sans doute au début de 1969 que nous nous étions rencontrés pour la première fois. Les éditions Gallimard venaient de publier un autre roman, "La Rose rose", un roman que l'auteur me dédicaça en m'exprimant son espoir que j'aimerais "la Rose rose autant que les immortelles, quoiqu'il y ait moins de jolies femmes ici!" Voilà donc quarante ans que je suis fidèle à cet écrivain qui vient d'apposer le mot "fin" à une œuvre qu'il serait indécent de négliger. Mais Pierre BOURGEADE ne fut jamais un courtisan. L'écrivain était un rebelle. La Médiatouillerie ne convie jamais les rebelles à ses festins. Je rends ici, à mon modeste niveau, un ultime et fraternel hommage à cet homme talentueux.

(Pour les plus curieuses et les plus curieux, il suffit d'interroger Gougueule. Vous obtiendrez toutes les informations sur la vie et l'œuvre de cet écrivain-là.)

 

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Philippe Maréchal

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