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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Il n'est pas très fin, limite
grossier, maigre, en surface. C'est pas sa faute, mal élevé, brut, une viande de porc. Sournois, toujours à l'église, aspergé d'eau de Fabergé. Il rêve de champagne, de saluts militaires. Le
cerveau végétarien, véritable lisier chauffé au soleil. Espiègle, fourbe, toujours à dire amen. Un parfum de cimetière dès qu'il ouvre la bouche. Des oeufs de lump les jours de fête, il
collectionne les bouchons de cidre. Nourri de latin, il commence à s'empâter. Une brûlure d'acide, un peu de chaleur, la main sur la plaque électrique, il repart en campagne.
Fourbe comme un amen, espiègle comme un cimetière elle sent les oeufs durs, parfum de fête, parfum d'enfance. Un réveil militaire, du latin au petit-déjeuner, du pâté sur du pain et elle part
travailler. Fabriquer des bouchons, 200 par jour, dans une chaleur, une odeur. Supporter la brûlure du liège. L'église comme refuge. Un salut à la vierge et au Père Fabergé. Sournois, végétarien,
il boit du champagne dans la sacristie. Au soleil elle efface le lisier de ce porc, de cette brute mal élevée qui l'a prise pour de la viande, un morceau réservé. Avec ses souliers grossiers, ses
bras maigres, elle décide d'écrire sa fin.
fleurs et tomates