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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique littéraire d'André Blanchemanche


"L'éclat dans l'abîme" de Manuel RIVAS (Gallimard). Le Lecteur l'affirme sans ambages: ce roman d'un écrivain espagnol aborde à ce que fut la guerre civile avec une force hors du commun. Extrêmement dense. Touffu. Voire même impénétrable. Mais d'une richesse incommensurable. Trop peut-être? Le Lecteur s'interroge. Tant il lui paraît qu'il a négligé ou même ignoré trop de choses et que cherchant souvent ses repères il s'est consacré à l'accessoire jusqu'à en perdre de vue l'essentiel. A un point tel qu'il ressent l'urgence de revenir à ce roman, de l'entreprendre à rebours plutôt que de revenir vers les chapitres qui lui furent les plus hermétiques. Mais avec la conscience qu'il vient de rencontrer un éminent personnage de la littérature contemporaine. Un créateur qui dépasse les influences dont il se revendique pour s'inventer un univers particulier, un univers si particulier qu'il installe cet homme-là parmi les plus grands. Car si la guerre d'Espagne et ses conséquences servent de toile de fond, le propos, lui, aborde aux dramaturgies majeures. C'est pourquoi ce roman-là nécessite d'être revisité afin de goûter, sans en perdre une miette, à sa substantifique moelle.

 

 

"Les gogols" de Xavier TRESVAUX (Gallimard). Ici, le Lecteur se confronte à un exercice redoutable. Non qu'il ait jamais fréquenté l'Auteur. Mais il entretient des relations avec la maman et le papa de l'Auteur. Lesquels sont également des personnages intégrés au roman. D'où sa gêne. Celle qui résulte d'une approche contradictoire. Le Lecteur s'est délecté de la seconde partie du roman, drôle, féroce, iconoclaste. En dépit d'une certaine retenue qui maintient le propos dans les limites de "l'acceptable" (à travers la vision d'une maison d'édition qui se prétend respectable). Le traitement de ce qui n'est pas encore l'Histoire, qui ne relève, dans son immédiateté, que de l'actualité peoplelisante, ce traitement met en exergue un talent qui sait conjuguer la caricature à l'outrecuidance: les frasques de Chirac, Villepin et Sarkozy. Un traitement qui s'emboîte parmi les lambeaux de l'existence du narrateur (un certain Stanislas Berthier), et que scandent des épisodes de la vie familiale. Le Lecteur l'affirme: cette seconde partie du roman est d'une excellente et jubilatoire facture. Celle-là même qui laisse entrevoir l'Ecrivain (contraint, pour survivre, d'occuper les modestes fonctions de veilleur de nuit dans un hôtel qui n'est même pas un palace). Mais le Lecteur faillit bien souvent s'égarer lors de sa découverte de la première partie. Au point d'y perdre parfois son nord à lui. Qui n'est évidemment pas le nord de l'Ecrivain. D'où se prudente réserve qu'altère une certaine réticence. Tant il eut goûté sans retenue à l'explosion d'une colère qui trop se contient.

Désormais, le Lecteur attend  le second roman de Xavier Tresvaux. Une attente qui relève peut-être de l'aléatoire. L'Editeur Gallimard qui fonctionne depuis une bonne vingtaine d'années à la façon d'un quelconque épicier, cet Editeur-là est tout sauf un philanthrope.

 

 

"Le roi de cœur" de Hanna KRALL (Gallimard) Roman sur la Shoah? Plus que cela sans doute. Même si le ghetto de Varsovie, son insurrection, même si les camps de la mort sont omniprésents dans cette œuvre-là. Car il s'agit de la quête désespérée d'une femme. Une longue errance dans l'Europe en guerre, à la recherche de l'homme aimé, de l'homme interné par les nazis. Sobre, dépouillé, ce roman évite les pièges du pathos. Il entraîne le Lecteur sur les traces de celle qui ne renonce pas, cette femme qui chemine jusqu'au terme de sa quête.

 

 

"La traversée du Mozambique par temps calme" de Patrice PLUYETTE (Seuil). Un vrai faux roman d'aventure(s). Insipide. Sans saveur. Même pas drôle. Telles sont du moins les conclusions qui s'imposent au Lecteur au terme d'un parcours au long duquel il n'a nullement souffert du mal de mer.

 

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Philippe Maréchal

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