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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Roger Planchon


Autant prévenir tout de suite, je n’y connais rien. D’ailleurs je ne connais à peu près rien à propos de tout. Ce n’est pas une raison pour fermer sa gueule. Si on laisse la parole à ceux qui savent, ils finiront par croire qu’ils savent, et c’est grave. Ce matin la nouvelle de la mort de Roger Planchon m’a laissé songeur dans le mouvement lent qui ponctue mon petit déjeuner, cette oscillation de biscotte entre le bol de noir et ma tronche enfarinée. La biscotte, un accessoire essentiel dans le théâtre depuis Michel Serrault. Le théâtre, je n’y vais jamais, suis trop loin, pas assez riche ou presque, c’est à dire  j’y suis allé une fois pour un copain dont Gilles Defacque faisait lecture d’un livre, excellent,  et pour Quartet  d’Heiner Muller dans la cour d'honneur du palais des papes, excusez du peu mais j’y travaillais, et j’en suis encore travaillé de la voix de Jeanne Moreau. Le théâtre, alors pourquoi cette attention ce matin égale à celle qui m’étreignait lorsque j’entendais Laurent Terzieff un matin sur France Inter chez Vincent Josse, pourquoi j’écoute ainsi avidement mais pratiquement sans m’en rendre compte toute émission parlant de théâtre.... "Il est parti en travaillant" a ajouté Stéphane Planchon, son fils, et voilà que j’entendais ce matin sur Inter comment il avait rencontré la soif de connaître, « il faut que tu lises des choses difficiles », lui avait dit quelqu’un et il s’était jeté dans la lecture de la poésie et de la philosophie à 15 ans, lui qui n’allait pas à l’école...Le plaisir d’apprendre par les choses difficiles, la soif inextinguible de comprendre où l’on va, la sensualité de la voix qui s’adresse à l’intelligence...Autant prévenir, je n’y connais rien mais c’est au-delà de l’émotion, un homme de théâtre qui meurt c’est un frémissement dans le tissu du rideau de la fin, c’est une voix qui porte encore et qui m’interroge sans cesse, qu’est ce que je fous là ?

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Philippe Maréchal

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rackam le rose 17/05/2009 18:33

c'est beau, ce que tu dismerci pour le théâtrerackam