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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique D'André Blanchemanche



"Le soldat et le gramophone" de Sasa STANISIC (Stock). Le Lecteur n'a toujours pas compris pourquoi la "communauté" internationale (et la communauté européenne en particulier) s'est résignée à accompagner la mise en lambeaux de l'ancienne Yougoslavie. Le Romancier, lui, s'évertue à mettre à jour les douleurs consécutives au déchirement et à tout ce qu'elles impliquèrent. Son roman s'ouvre des souvenirs festifs, ceux d'un enfant, qui ne sont pas sans rappeler certains des films de Kusturica. Puis débute la tragédie. Et le Narrateur s'égare, revient sur ses pas, s'égare encore. Il assiste à la décomposition qu'il ne justifie pas, à laquelle il ne consent pas. Il la subit, avec au terme du processus, l'exil. Jusqu'à ce retour au pays, qui n'est plus un pays, mais un lambeau de l'ancien pays. Si le Lecteur demeure perplexe, il s'est tellement senti proche du Narrateur qu'il attend déjà de lui d'autres partages.

 

 

"Un chien mort après lui" de Jean Rolin (P.O.L.). Le Lecteur fut un compagnon de voyage plus que discret: transparent. Ce qui ne signifie nullement qu'il n'a pas apprécié cette sorte d'errance planétaire d'un écrivain lancé à la recherche des meutes de chiens sauvages qui offrent comme un reflet troublant de ce que deviennent les sociétés humaines. Puisque les unes et les autres sont indissociables. Et qu'il leur arrive même de présenter de stupéfiantes analogies.

 

 

"Antenora" de Margaret MAZZANTINI (10/18). Une femme italienne. Dont la vie parcourt les heures les plus sombres de l'histoire italienne. Sans qu'elle ait jamais vraiment disposé de la liberté de choisir. Mais qui renaît à l'âge de vieillesse dans sa relation avec sa petite-fille, qui s'évertue à survivre en elle. Trop sombre? Trop mélodramatique? Ce roman a perturbé le Lecteur qui n'en finit pas de s'interroger.

 

 

"Bêtes sans patrie" de Uzodinma IWEALA (L'Olivier). Clamer son enthousiasme au terme d'une lecture haletante de ce roman superbement traduit par Alain Mabanckou? Ou, au contraire, laisser entrevoir son incrédulité devant l'aisance avec laquelle l'écrivain s'insinue dans la peau d'un enfant-soldat africain? Avec toutes les réticences que cette aisance implique. Le Lecteur, vous l'avez compris, reste partagé au moment où il rédige cette note. Peut-être reviendra-t-il vers ce roman qui l'a dérangé mais qui n'a pas généré les cris d'indignation que le sujet laissait supposer.

 

 

"L'état des lieux" de Richard FORD (L'Olivier). Franck Bascombe (héros récurent de Ford) dilue son cancer de la prostate dans du bourbon. L'Amérique se reflète parfois dans son regard. Le Lecteur est allé jusqu'au terme de la dilution sans enthousiasme, comme résigné à subir l'immanquable happy end qui ne sera évidemment pas révélé ici.

 

 

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Philippe Maréchal

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