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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Je ne suis
pas allé sur mon banc, il pleuvait au fond du jardin. Je suis allé au village où d’ordinaire je mets rarement les pieds, le dimanche. Je suis allé chercher des croissants.
Quand je suis sorti de la boulangerie, je suis aussi sorti de mon sommeil. En face, de l’autre côté du quai, le café du Siècle ouvrait. Tranquille son ouverture, lui c’est du millénaire qu’il
sort. Louisette sortait les sièges et les tables. Résonnez hautbois, sonnez trompettes, je me suis dit comme un seul homme courage mon gars, traversons le fleuve et allons boire un jus, la smala
attendra, d’ailleurs elle en écrase encore...
Je me suis assis sous la treille, à la meilleurs table, de celle où l’on aperçoit le mieux le village et les allers et venues. Et qu’est ce qu’il y en avait des allers et venues. C’était plein de sportifs qui couraient dans les tous les sens. Des sportifs de tous gabarits, des petits, des grands, des longilignes , des filiformes, des filopattes, des rabougris , des musclés du mollet, des rambos de Charléty, des marmules de Palavas, du tout venant du camping des flots bleus de l’Afrique de l’Est ou bien d’une lointaine banlieue pavillonnaire. Eh Louisette quesaco ? Et ben tu dors, c’est les 4000 marches....Ah oui, la semaine d’avant la transumance, c’est la course locale internationale et matutinale, 10 km de course de montagne de l’Eglise de Valleraugue jusqu’au sommet du Mont Aigoual de 350 à 1567 mètres en gros que les premiers courent en moins d’un heure, quelle horreur. Alors qu’ici on a le temps. On a même que çà que je me disais en trempant mon café dans mon double croissant ou bien l’inverse tant cette réflexion m’émut. Tout ces types à courir en me regardant à ma table et toutes ces femmes à les attendre et moi à m’attendrir en les regardant. Ah les courses de printemps, tant qu’il y aura des hommes, il y aura des sportifs et moi je serai amoureux en regardant leurs femmes.
fleurs et tomates