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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Transhumance 3


En partenariat avec " C samedi, C l'heure du journal d'un con".


Une semaine est passée déjà depuis la transhumance. Une semaine après que je sautai ma prose dédiée à la rubrique  de «  c’est samedi, c’est l’heure du journal d’un con ». Justement, on est samedi. « On » pronom con qui définit celui qui l’emploie. Alors je peux dire « On » puisqu’on est samedi. J’ai le sentiment de vivre dans un monde  de « On ». pas de panique que personne ne s’énerve,  y’en aura pour tout le monde, j’en fais partie, puisque j’y vis. Il y a toutes ces histoires crapuleuses entendues à la radio et au plus niveau et puis finalement après le dégoût il y a toutes les mêmes au plus bas niveau, là où je vis. La force de l’affaire dépend simplement du pouvoir de nuisance et des responsabilités de chacun. On est cerné jusu'à l'oeil. Alors une seule solution, prendre le large ou prendre de la hauteur, s’évader, courir comme un « on » à travers les mers ou bien les crêtes des montagnes et pisser dans l’eau ou bien sur la tête des ons. Je suis le chevalier « Des Ons ». Il m’avait dit Bernard, le berger, tu ne prendras pas ta caméra. Genre, je préfère quand tu écris et tu vas pas nous faire chier avec Latélélibre...Alors j’ai obéi, les invités sont de marque et veulent rester loin des regards. A quoi bon montrer, broder, assembler des images. Je me dis que peut être la fiction est plus proche de la réalité qu’un documentaire mal fagoté. Je suis un garçon obéissant mais quand même pas tout à fait, juste un peu chiant. Faut pas exagérer, ne jamais se soumettre complètement, c'est finalemnt rester libre. Je n’ai donc rien pris, du coup, pas même un appareil photo, pas même des notes, je me suis dit ne retenir que ce qui restera et faire de  ce récit comme on cuisine des restes, un assemblage improbable de petites choses qu’on aime et qui vous titillent le palais et la mémoire de ce que furent des repas de fête. Depuis je suis redescendu dans la vallée, loin du monde des rêves et des parfums d’éternité. Je laisse au temps l’art de sublimer. Je laisse le temps qui ici semble subir le morne quotidien et ses petites bassesses, les conneries , toutes ces fronces du trou du cul du temps et de la haine ordinaire de mes coreligionnaires. Il m’a dit ne prend pas de caméra. Cà tombe bien, je n’en ai plus envie, surtout ne rien retenir, laisser libre les pensées et les sentiments, faire fonctionner le cinéma intérieur, comme une chanson de Nougaro, celui là même qui donne le frisson quand on se souvient des jours heureux d'une autre chanson. Et ce furent des jours heureux, avec Bernard, Rémi, François et les autres pastichant le titre d’un autre film. Ma tête court encore sur les hauteurs, enivrée dans des parfums du petit matin.  La tête dépassant du duvet humide, l’œil s’ouvre et  du haut de cette montagne on peut voir à l’horizon la ligne des Alpes se détacher en avant plan du chef éclairagiste qu’est le soleil. Il est  cinq heures, le troupeau s’éveille, il est cinq heures et j’ai envie de pleurer. Je ne veux plus redescendre dans ce monde de merde où tout n’est que bataille, ordure, hypocrisie, coups bas, envie, profit, pouvoir, domination, ignorance crasse. De la merde, je suis bien ici, j’ai une boule au ventre à l’idée que demain il me faudra redescendre. C’est un peu comme la veille d’atterrir après une longue traversée sur l’Océan. La mer n’est jamais cruelle, elle est ce qu’elle est. A terre, les hommes le sont et y revenir c’est reprendre le cours des ennuis. Tu ne prendras pas ta caméra. Je ne l’ai pas prise alors je n’ai rien enregistré et les souvenirs comme les images s’estompent et ne s’impriment  derrière le fond de la rétine que le souvenir de la cadence des pas  qui fixent pour toujours le regard de ceux avec qui on a cheminé. Même sans eux, on chemine encore ensemble une semaine après. Mes mots ne ressortent que dégrossis, triturés et puis lissés en relecture  pour ensuite pour être déposés sur une page vingt et une vingt neuf mélancolies. La drailhe du matin, après un café léger, cracher sur le sol et empoigner le bâton, la drailhe s’étend comme une saignée dans la montagne jusqu’à un col étroit et taillé dans la roche et que l’on atteint en son nouveau sommet au bout de trois quart d’heures, comme ces passages sur l’île Corse qui donnent l’impression de s’être échappé définitivement. Si l’on est à l’avant du troupeau, le bruit incessant des cloches et obsédant comme un mantra ovin disparaît d’un seul coup au tournant de ce col jusqu’à ce que les bêtes à leur tour le franchissent et te rattrapent... Mais d’ici, comme tu as pris un peu d’avance, tu vas jouir de ce silence, et c’est avec lui que je vais passer mon samedi aujourd’hui...

Marche à suivre... 

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À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
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nathalie 22/06/2009 01:09

C'est quoi ce blues d'été ? Si j'ai bien compris va ta falloir un nouvel ordi ? grosses bises et courage

Gwendal 20/06/2009 12:45

Mmmmmm....