Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Où sont les mouvements d’opinion, la stupeur générale devant l’inacceptable, la bronca des cris cons comme la mort devant les aimables ambassades. Echapper à la connerie ambiante, à la foule en pleure. Michaël is dead, mais la jeune iranienne aussi. Je suis parti juste un peu, pas trop loin, sans radio, sans web, sans tel, sans cervelle aussi. Je suis parti comme un con avec une furieuse envie de ne pas revenir. Je suis revenu. Je reviens toujours. C’est un classique. C’est pénible les classiques, on sait toujours comment çà va finir. Mal. Où alors c’est une comédie. Mais c’est pas sérieux une comédie. Alors je suis revenu dans mon chez moi, un truc étroit où çà fait mal quand on rentre. Cà s’appelle un trou du cul sans poils mais avec des châtaigniers. On a beau avoir l’habitude, le passage est toujours aussi difficile. C’est çà la montagne, un truc de gens rudes et sympathiques comme un rocher. Le plaisir c’est de chercher le moyen de s’évader. Enfin c’est devenu comme çà. Je sais bien qu’un jour j’y parviendrai. J’ai déjà réussi. Vingt trois ans au même endroit et le sentiment d’y être toujours ailleurs et aussi bienvenu qu’un jambon dans une mosquée. Alors m’est revenue cette idée. Le pont est étroit. La bête sera difficile à sortir. Construire le paquebot de ses rêves devient ambitieux lorsque le pékin moyen que je suis l’envisage dans son jardin. Non, j’ai mesuré çà ne passera pas. J’ai déjà fait un billet à ce sujet. La seule solution serait de partir par les airs. Une soucoupe, c’est çà, je vais peut être envisager la construction d’une soucoupe. Volante de préférence. Une soucoupe volante pour me carapater. J’ai bien lu « Terre des hommes » de Saint Exupéry, eh bien, c’est là haut que çà se passe et c’est quand on redescend qu’on trépasse, sur la terre, où c’est « comme çà que les hommes vivent ».
Une belle pourtant rigide à ceux qui ont goûté aux spasmes de la mer, toujours en mouvement. A ceux qui ont tâté de la voltige et des courants ascendants.
Une belle frigide pour le pirate en quête de sensations fortes.
S'évader par les airs, certes, pas d'autres issues, mais surtout s' envoler de l'intérieur, dans l'autre jardin : le secret, le rien qu'à soi, y faire pousser ses envies jusqu'à ce qu'elles percent le petit tunnel sous la montagne.
Ce sont les grosses racines bien profondes qui soulèvent les montagnes, non ?
Et sur ce, je te bise !