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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Viva Zappata


 le 14 juillet... la fête de la révolution, confisquée comme toujours car jugée trop sérieuse pour être simplement confiée à ceux qui la font et mise en page par un défilé militaire, hormis... en 89, 1989, je me souviens. Elle avait de la gueule la commémoration avec en tête les jeunes chinois rappelant Tien an Men, en tête du défilé à pied  avec leurs vélos et leurs bandeaux...Je verrais bien un 14 juillet international commémorant toutes le révolutions et un rappel de ce qu’elles sont devenues... En voilà des idées, c’est hier que je les ressassais en accompagnant ma fille qui voulait tant voir le feu d’artifice...On avait tous la gueule en l’air et l’on voyait notre pognon s’éclater dans le ciel comme çà en pétaradant, inoffensives explosions pour fêter le culot des sans culottes et s’imaginer que tout irait pour le mieux alors que d’autres ailleurs avaient relié des bouteilles de gaz dans leur usine en ultimatum...

Des paradoxes, toujours des paradoxes, rien qui en apparence, ne signifie quoique ce soit d’intelligible. J’étais en Arles, au festival des rencontres et avait lieu une nuit au milieu des expositions de photos dans un site qu’on appelle les forges, d’anciennes usines SNCF, dans un petit recoin tout au bout, on dira, une performance, celle de Caroline Cartier, un son, qu’on appelle çà, des chaises, une quarantaine, cinq enceintes, des « ingé sons », des lumières savamment posées, rasantes, surmontées de gélatine rouges, à demie cachées, la voie ferrée passant sous les chaises, des panneaux avec le titre, « L’insurrection qui ne vient pas », démarrage en force  avec Léo ferré sur la révolution, les gens tous aux aguets, le vent, le mistral soulevant la poussière, le son toujours le son, du bel ouvrage radiophonique de l’artiste que l’on peut entendre tous les matins sur France Inter avant huit heures, des voix d’ouvriers en colère, « on va tout péter...enculés...anarchie...on prend le pouvoir....puis l’amertume et la résignation dans les voix des « licenciés », des propos sur la consommation et le cerveau...tout pour plaire au criptogauchiste égaré dans les pages d’un Télérama en live et en nocturne, tout à ceci près, ce paradoxe qui m’émut sans que je ne puisse l’exprimer clairement, une réponse en fait à cette assertion, ce titre donné par Caroline Cartier à son œuvre, comme une question ouverte, à « l’insurrection qui ne vient pas »... imaginez, des barrières pour canaliser l’entrée des spectateurs, des spectateurs dociles qui attendent en rang d'oignons pour rentrer  quarante par quarante...ah non madame, il n'y a plus de place, la prochaine séance dans dix muinutes... des grilles pour les empêcher de voir et d’entendre par un autre chemin que celui proposé, des vigiles à l’entrée...autant de paradoxes proposés au spectateur venu découvrir sagement la subversion mixée avec adresse...

 

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Philippe Maréchal

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