Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
J’ai gardé de mes années de Marine qu’on appelle aussi « La royale », institution qui n’a rien à voir avec le couscous garni ou une personnalité politique, le souvenir d’une manie parmi d’autres. Fleurissait sur tous les ponts, une tournure de phrase emprunte d’un état d’esprit qui consistait à souligner une demande appuyée. Elle masquait pourtant mal la vacuité de la proposition, précédée à grand renforts de :« A faire ceci », où bien « à faire cela », ce qui dans bien des cas exprimait une tâche aussi noble à considérer, qu’inutile à accomplir, dans un laps temps déterminé par un personnel à contrario tout aussi indéfini qu’en nombre suffisant, dévoué et obéissant, non sans qu’il se laissa à maugréer à l’écoute d’une injonction aboyée sur le mode impersonnel mais jubilatoire d’un gradé qui lui ne s’y collera pas.
Vous n’avez pas compris ? Justement, c’est clair comme un traité constitutionnel, même en allant par curiosité jusqu’au bout, on comprend peu. Vous ne vous êtes pas senti personnellement désignés et, pourtant c’est bien de vous dont il s’agit. Vous êtes là, sans que vous puissiez vous révolter sur votre sort injuste qui vous a lâchement poussé dans le dos pour vous rendre volontaire d’office, à l’insu de votre plein gré, telle la selle de vélo « à supporter un couillon qui pédale».
Exemples :
-« L’équipage à laver le pont.»
-« la fanfare à reculer jusqu’à les arbres. »
-« Les spectateurs qui n’ont pas de bottes, à monter sur les bancs car la bête va uriner. »
-« le chomiste à appuyer la touche étoile de son clavier téléphonique ».
-« l’électeur à voter utile ».
fleurs et tomates