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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La drailhe, premier épisode...

Noir, puis... plan séquence...une table, neuf gars, une femme, une lumière pâlotte, dans un mazet quelque part dans la montagne, la cheminée, le feu qui crépite, le rouge, le pastaga, une bière, de l’eau, la galtouse qui mijote...Conversation à propos des cloches sous les étoiles...à l'adresse du néophite que je suis...Quand un expose, les autres opinent du chef:

« ...c’est de la clapette qu’a dérivée la clape, qui est bien plus grosse mais...c’est la dailhao qui est vraiment la grosse clappe, la dailhao redon qui n’est rien d’autre que le sunal provençal est une « bombasse de dailhao et non...on dit pas dalhaou....et à chaque catégorie y ‘a un numéro de taille qui va jusqu’à 12, par exemple, la pic numéro trois...parce que l’autre,  quand tu dis l’esquillar c’est du patois, c’est la cloche d’agnelle qui n’a rien à voir avec l’esquinette de cabre...bon assez parlé des sonnettes on reprend un coup... Fondue au noir...

Plan large, vue arérienne., quelque part en Cévennes, une voiture rouge dans un paysage grandiose...

Je suis arrivé avec Laurent, mon copain dans une voiture que nous a prêtée Remi pour qu'on aille le rejoindre, là haut. On va faire la transhumance retour. Après la montée du massif de l’Aigoual, nous avons glissé sur une petite route sinueuse et étroite jusqu’au col de Salidès et pourquoi pas une musique en illustration, Rio Grande...La frontière, le ciel, l’immensité des espaces, la beauté du lieu, et en contre bas un panorama de montagnes, des vallées, des histoires. Ici, le loup se ballade toujours entre les futaies des mémoires et les vautours ... Rémi, le berger avec lequel on va faire la transhumance retour, s’active... Franck aussi,fera sa transhumance vers sa vallée demain. Il partira une heure plus tôt, accompagné de Georges et Michel. Bernard, Franck, Georges, Michel,  Pierrot le papet, l'ancien éleveur, qui est venu aider, tous sont  dans le parc  et séparent avec un système de barrières en bois mobiles, les trois troupeaux restant. Trois sous ensembles sont aménagés à l’intérieur du parc derrière la maison du berger. Il ya les « F », les roues du moulin, peintes en vert et un autre signe ésotérique bleu, comme marquage au cul des moutons, ces signes distinguent les élevages entre eux. Ce parc, on dirait un cours de Roland Garros, même couleur de terre battue constitué de  strates accumulées de pécoles...S’ils ont passé les vacances ensemble et mélangés, les moutons vont regagner leurs peinâtes d’hiver en ordre et en troupeaux reformés autour de leur « pastre ». Enfin, en ordre...Là on compte. Les moutons sont crochetés à la patte, par le croc enchassé au bout du baton... Il sont passés un à un dans l’un des trois espaces du parc selon la marque dont il s’honore le postérieur. Tenus à une patte arrière et sur le flanc du même coté, ils sont poussés, rétifs. Je suis avec le papet chargé de les compter...C’est bien la première fois que je compte réellement des moutons...A chaque cinquantaine, je reprends à 1...Pierrot entaille la palette qui nous sert de porte et fixe le chiffre de la cinquantaine...faut pas se gourer et je  dois faire abstraction de la conversation, des blagues et du bruit et des mouvements, ne pas s‘endormir en comptant les moutons. Laurent s’est jeté dans la mêlée il étreint, attrape, soulève, pousse la bête récalcitrante vers ses copines déjà triées. A la fin de ce travail, c’est clair...il en manque. C'est décidé, demain avant le lever du jour nous partirons,  à l’assaut de la montagne pour récupérer « les disparues de Saint Agile » avant qu’elles ne s’éveillent au soleil et s’éparpillent plus loin encore...La nuit tombe, on rejoint la toute petite maison du berger d’estive où l’on s’entassera pour dormir après le repas...Bernard, Nadine sa compagne, Pierrot, Franck, Georges, Remi, Michel, Francis que nous avons rejoints, Laurent et moi, une femme et des mecs bien, qui ne se prennent pas pour...mais qui en réalité sont...les traducteurs des missives envoyées par la vraie toile, celle qui se fout d'Hadopie, celle de la voix lactée. Ce soir, c’est qu’il y’en a des étoiles... A suivre.

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Philippe Maréchal

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philippe 24/09/2009 13:55


@Mobnesim: y'a pas de différence...dailho et sunal c'est la même... et j'ai filmé un peu pour une petite "pastille" surlaquelle je travaille...on n'en reparlera...quant au printemps il bien raison
de s'en occuper, les filles au soleil c'est quand même ce qu'il y a de plus beau.
@Lucifer: y'auraient bien des loups de passage mais plus hauts dans le nord et discrets et sans aucun rapport avec les bêtes manquantes qu'on a retrouvées les coquines voir la suite...


mobensim 24/09/2009 01:20


Une mer de pâtures et un concert de sonnailles !!
Moi, j'aimerais bien que tu me la racontes , la différence  entre la dailho et le sunal...
parce que j'en ai entendu parler quand j'étais petite par mon papa qui a été berger à 14 ans...et ça me remue pas seulement le tympan, quand j'entends sonnailler...

Ici, quand arrive le printemps, que les corsages s'entr'ouvrent et que les jupes raccourcissent, on dit que les filles "s'estivèlent" !!!

Tu as filmé, dis ? ou t'as pas pu ?



lucifer ! 23/09/2009 20:25


" on ne les a jamais retrouvés , les moutons manquants !
z'on bien droit à la liberté , 
et les loups ont faim , aussi ...."

extrait de :" Le livre dont vous êtes le héros . "