Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Les moutons, les moutons criait
Monique....ouais, ouais j'arrive...
J’ai enfin le cul posé sur une pierre. C’est beau. On dirait du Coluche. C’est beau le lever du soleil sur une crête. C’est rien de le dire mais la montagne c’est quand même mieux vue d’en haut. En contrebas je domine une vallée, un peu de brume, du jaune, du vert, du bleu au dessus et du rose à l’intérieur. Bon, on est bien. On souffle. Je suis trempé de sueur. On contemple et surtout on écoute... Oui c’est pas du tourisme agricole, on là pour écouter les cloches, c’est comme pour un sondage. Ah...y’en a par là j’t’e dis...Qu’il me dit Georges. Et là il m’inquiète le George, parce que là où il entend c’est tout en bas, de l’autre coté d’où on vient, l’autre versant...à descendre tout çà et à le remonter y’en a pour la matinée...ce qui fait beaucoup avant une transhumance...Moi je me dis que c’est un autre élevage dont il s’agit. Et Georges je sens bien qu’il est prêt à suivre son oreille qui elle entend des trucs partout... C’est dingue une oreille comme çà qui file sur des pattes aussi véloces. Je décroche donc mon portable des fois qu’il y ait du neuf ou de l'orange ailleurs...Hé hé...Bernard m’apprend qu’on les a retrouvées, les coquines. Il nous donne rendez vous à 10 minutes de là...
Dix heures, on est tous à table,
saucisson, pâté, rillettes, fromages de chèvre, rosé, rouge, pain beurre et café...Cà rigole au milieu des mouches. La petite maison du berger là haut sur la montagne, au col de Salidès, elle est
bien jolie, pleine de soleil, pleine de bonheur, pleine de nous qui bientôt sont pleins de tartines. J’aime bien le rosé à cette heure. J’ai sué, crapahuté, pendant deux heures et demie et c’est
un sacré échauffement avant les vingt bornes de la journée. Oh je reprends un verre...il descend jusque dans les godasses. Mon voisin qui est invité comme moi mais pour la transhumance d’un autre
troupeau et qui est à cheval sur la diététique me dit que c’est pas bon pour la santé mon rosé, et mon pâté...Moi je dis que c’est bon cette douce ivresse et que ma santé elle mérite bien un peu
de bonheur. Il ne comprend pas bien. Je lui raconte les grands Ducs. Il reste aussi perplexe que son catogan s’ébroue en foufoune. Alors je m’en ressert
un. On rigole. Le papet raconte :
« ... Je suis venu à 8 heures et Nadine m’a dit que vous étiez parti par petits groupes, chacun dans son secteur...alors je me suis dit que je vais aller là où vous n’irez surement pas, histoire de voir...Quand je suis arrivé au bout du chemin, j’ai vu la voiture de Rémi, et à 20 mètres de là, une soixantaine de bêtes encore couchées...donc je me suis dit, ils les ont retrouvées et ils sont allés voir un peu plus en avant pour en chercher d’autres qui manquaient... » Le rires redoublent car Rémi et Laurent qui faisaient équipe avait bien pris sans le savoir la bonne direction, une première partie en C15 , puis ils avaient laissé la voiture à la limite du praticable et s’étaient aventurés à pieds dans la montagne...sans se douter que dans l’obscurité ils s‘étaient garés à 20 mètres du troupeau des brebis égarées... Le papet les y attendait et gardait la voiture et les bêtes...A suivre
fleurs et tomates