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Le temps qui passe

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07124846.jpg Attention, Ascension…je fais gaffe. En ce jour, Otis le dieu des ascenseurs est à l’honneur. Les liftiers, les grooms en panoplie et au chapeau camembert, les chasseurs d’hôtel, tous les encenseurs sont là qui déjà secouent leurs chaines aux extrémités enfumées tandis que s’exhale le parfum du genévrier à travers les oraisons de ceux qui nous enjoignent de croire. C’est là que le bas blesse. Croire. C’est ce que demande la religion, croire. A celui que l’injonction laisse indifférent, l’anathème lui promet la géhenne. Problème, c’est le cas des religions qui proclament qu’elles seules possèdent la vérité. Il faut donc choisir la bonne vérité et se dépêcher puisque le feu nous est promis. Problème, choisir c’est éliminer et c’est donc retrouver l’imprécation de toutes celles qu’on aura délaissées au profit d’un choix mystérieux qui nous fit croire à plus blanc que blanc. C’est donc encore la malédiction qui nous course et la promesse à l’infidèle, au mécréant, à l’apostat, à l’ignorant de se retrouver illico le trépas franchit vers les foyers de l’enfer qui, moindre mais non négligeable consolation lui éviteront de s’emmerder pour l’éternité avec les tronches de premier de la classe, les jansénistes, les puritains, les barbus de tous poils, les footballeurs qui font leurs prières au corner et tous les braves gens qui vouent aux gémonies tout esprit libertin ou simplement ouvert…

Au fond du jardin, ce matin, sous la frondaison,  je voyais le pré d’à côté où assurément l’herbe est plus verte, d’un vert tel que seul le mois de mai sait faire et le sentiment ondulait comme la brise sur les graminées frôlées par la grâce, assurément, s’Il existe,  que ce souffle Le révèle, léger, enivrant, loin des pissefroids et autres vinaigres, tout près à caresser mon être, tandis que certains de ses adorateurs et autres radoteurs me rosseraient bien ou m’encorderaient à leur aise. Ce matin Georges était dans le pré et me fit un clin d’œil, tandis que tirant les oreilles de Clovis sur les herbes, j’ai pissé.  

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