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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Atelier d'écriture, sujet : décris la vie à la dame qui fait assistante sociale.

y'a le gars qu'est devant, avec son pantalon trop large et ses godasses fatiguées comme le corps qu'elles supportent. Il cherche dans sa poche, quelques pièces, tandis que de l'autre main il laisse rouler sa boite de cassoulet. Un pauvre cassoulet posé là dans sa boite, sous le néon de la petite surface. Ses mains sont aussi plissées que son front que j'ai vu lorsqu'il m'a jeté un œil, surpris que j'attende derrière lui sans rien dans les mains. La caissière attend avec ennui. Elle le regarde comme elle semble avoir regardé les autres avant. Avant car c 'est vide, à part moi qui suit derrière. Et puis les pièces sortent et tombent à leur tour sur le petit tapis roulant, attendant d'être avalées par la caisse, mais non sans être recomptées scrupuleusement par les deux personnages, celle qui s emmerde avec les pauvres, et lui qui s'emmerde avec sa pauvreté. Et puis c'est mon tour, sans un bonjour, de sa part, parce que c'est avec moi qu'elle s'emmerde à présent, que je sorte de ma manche un paquet de riz. Et les pièces roulent, un mouvement de fonds, les petits trois petits tour et puis s'en vont. Et je suis dans la rue, l'homme au froc qui flotte au vent comme les nippes de la mère Denis, lui et son cassoulet, moi et mon paquet de riz.
Et puis on passe devant le tabac, le bar tabac, le navire amiral des commerçants du bled. Avec son loto, et le panneau ici on a gagné 840 euro le 13 septembre, avec sur le pas de la porte le gars qui boit sa bière et qui fume son clop, devant l'écran géant qui fait causer un gros joufflu, sur la technique du ballon rond. On poursuit, on se poursuit, en passant devant le magasin de sport où tout est soldé. On s'en fout des soldes, on regarde pas, à peine, lui et son froc à cassoulet et moi avec mon coin de riz!ère dans les bras. Il s’engouffre à gauche dans une ruelle sombre et je remonte sur la place à l'autre bout du village, là où il ne se passe rien et la nuit nous avale.

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À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
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