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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Au cul les patates

 

 

 

Par association phonétique, hier, quand j'ai entendu le salaire de Carlos Gone, je me suis mis à lire Antigone, de Jean Anouilh...

 

"...Ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et sont dépourvus de toute imagination" Jean Anouilh, Antigone... De l'imagination ce matin au réveil il m'en fallait pour envisager que le bruit de la mobylette qui tournait autour de ma maison pourtant dépourvue de route attenante et loin de la civilisation n'était pas la fin d'un rêve mais le début d'un cauchemard. En guise de mobylette, ce n'était en fait que le bruit de la sulfateuse équipée d'un moteur deux temps et surmontant un humanoïde au cerveau bridé. Justin Bridou coiffé d'une casquette Ricard. C'est qu'il traitait ses patates avec ce genre de produits qui vous met la rate au court bouillon, qui change le sexe des poissons, en attendant de s'attaquer joyeusement au votre et à celui de vos enfants s'il vous reste le temps d'en envisager la construction. Chaque année il le fait, chaque année je lui dis, et rien à faire...

 

Alors je suis descendu dans ma cuisine, faire cuire l'eau pour un café et j'ai allumé France Inter, qui aujourd'hui est agréable puisque c'est la grève. La grève c'est bien, en buvant à petites gorgées le pt'it noir, et puis y'avait "...avec les mots des pauvres gens, ne prend pas froid, ne rentre pas trop tard..." putain avec le temps de Léo Férré, je pensais au parents disparus depuis longtemps, à leurs grèves face à tous ces enculés qui nous rognent nos radios, et toutes les décisions prises au sortir de la guerre inspirées par le Conseil National de la Résistance. Résistance, combien étaient ils vraiment à s'opposer, 60 000, 80 000, je ne sais pas. C'est qu'on a l'air bête en slip sur sa chaise à écouter Léo Férré dans un fond sonore de sulfateuse qui brouille le message. Ici l'ombre, poum, poum, poum....poummmm, ici la face cachée et le côté obscur, combien de temps encore, combien de massacres au cancers et d'émasculation de nouveaux nés faudrat -il pour nous faire entendre que la fabrication de ces produits sont un crime contre l'humanité?

 

J'ai oublié le bruit de l'épouvantable machine et je me suis concentré sur les raisons de la grève. La retraite et oui, c'est vrai, je l'entends de plus en plus souvent autour de moi cette phrase: " tu vois c'est pas pour moi, je m'en fous, je sais bien que j'en aurai pas, mais quand même, c'est dégueulasse, ce qu'il font..." Hier, je me rendais compte que dans tout ce tripatouillage, il s'agissait bien de faire payer par les cotisations des ouvriers, la retraite des cadres, ouais, France Cul c'est moins insolent qu'Inter, mais les infos sont plus détaillées...ou bien, surfer de décôte en décôte afin de diminuer la pension de ceux qui auront trop changé de métiers, geste pourtant encouragé par ceux là mêmes qui manient la décôte.

 

Alors j'ai fini d'un trait le pt'it noir, jusqu' au mare de café qui tapisse le fond du bol, s'habituer petit à petit à en bouffer, du mare de café, jusqu'à ce que tout devienne insuportable et j'ai repris mon bouquin qui donnait à espérer qu'au fond du bol y'avait une suite et une jouréne de plus à vivre.

 

"...Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose et puis ceux qui croyaient le contraire..." Jean Anouilh, Antigone.

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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Gwendal 25/06/2010 17:28



J'suis sûr que les tiennes, elles en ont autant pris dans la gueule que les siennes... Je parle des patates bien sûr.


Question : A quoi sert la retraite ?


Réponse : A faire chier son voisin dès mâtine avec une sulfateuse à moteur.



mobensim 24/06/2010 23:15



 Antigone, je l'aime !


"Comprendre... Vous n’avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis
toute petite. Il fallait comprendre qu’on ne peut pas toucher à l’eau, à la belle eau fuyante et froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait
comprendre qu’on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu’on a dans ses poches au mendiant qu’on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu’on tombe par terre et boire quand
on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai
vieille. Si je deviens vieille. Pas maintenant..."



Cécile 24/06/2010 20:37



"Tant que j'aurai le souffle et l'encre dans ma rue


et que le vent du Nord ouvrira mes éponges


il règnera chez moi comme une mer têtue


qui me tiendra la main à la marée des songes"


Leo Ferré