Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
C'est pas pour dire mais...ce matin j'écoutais France "Cloture" avec pour invité Regis Debray qui y déroulait son Eloge des frontières chez Gallimard, et sa définition de ce que je nommerais celle du mitoyen des mondes.
A l'heure où je me rase, sans jamais penser à devenir président je me disais en contournant le menton et sans estafilade qu'il y avait là du talent à manier ainsi les paradoxes avec une telle dextérité. Oui, je l'avoue, alors que le titre de son dernier bouquin; “ Eloge des frontières” me prend à rebrousse poil comme un vieux rasoir aux lames sans fil, je me suis mis à écouter plus avant la pensée du bonhomme dont gamin j'apprenais de l'Amérique, du sud, tandis qu'il en demeurait otage...j'écoutais ainsi ce matin, au passge du trois lames sous les narines: “ En bon Européen, je choisis de célébrer ce que d’autres déplorent : la frontière comme vaccin contre l’épidémie des murs, remède à l’indifférence et sauvegarde du vivant. “ et là c'est vrai que je fus sensible à cet argument que là où il n'y a pas de frontières on érige des murs...Quant au “frémissement” du passage des frontières je le partage aussi; pas moins que l'idée d' être citoyen du monde en ne parlant que “Globish” ou bien “ Volapuk” pour faire hommage au défunt Général est une étrange manière de considérer le monde par un seul canal linguistique. Avant d'aller plus loin je vais donc lire ce bouquin et me proposer d'en parler un peu plus, tant le sujet m'a toujours étonné, une frontière pourquoi faire? “Dans la jungle il n'y a pas de frontières, il n'y a pas de droit non plus”, ok, y'a un truc comme dirait Hubert Reeves confrontant son athéisme à la mesure du mystère de l'univers, faut que j'y regarde...par dessus les frontières de mes préjugés. Allez, faites passer une serviette humide et chaude sur mon épiderme rasé de prêt que je redécouvre la délicieuse sensation, dans un autre monde, chez un barbier indien, sur ma peau, cette première frontière à laquelle je tiens tant...
fleurs et tomates