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Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Y’a des petits matins
comme çà où je me demande...Où je me dis que mon petit cerveau est coincé comme une andouille dans un slip trop p’tit. Petits tracas du matin, et tout parait emmerdant et énervant au possible et
nul et...dérisoire face à l’incommensurable, au non mesurable, au trop plein de misère et d’infortune qui touche ceux qui ont faim, et soif de justice comme dit la prière...Que faire et dire avec
Haïti quand on se casse la gueule au bas de son escalier, tout seul alors qu’on cherchait une paire de lunettes...Que faire et dire avec son mal de tête quand on sait qu’un arrêté va autoriser en
France la dissémination par recyclage des déchets radioactifs par exemple présent dans les bétons des vieilles centrales nucléaires...Que faire et dire quand on a déjà mal au cul de cette
ambiance délétère due au débat sur l’identité nationale quand se poursuit la chasse aux sans papiers jusque dans les centres Emmaüs où Papy L’abbé Pierre n’est plus là pour gueuler contre les
ignobles et les faquins de butor de pied plat ridicule, pour en reprendre du Rostand...Que faire et que dire quand pendant ce coup de froid, le pôle se réchauffe et que ma vieille bagnole crache
par son pot ces effluves témoignant de ma connerie grave à vouloir exister au volant d’une guimbarde qui me mène à un hypothétique boulot dont je me dis qu’il restera dans les mémoires comme un
coup de bilboquet à la cour du roi Henri le lichou...Que dire et que faire quand je me dis qu’il faut que je m’en trouve une pas chère vu qu’elle me lâchera et que je sais que les pas chères le
sont à cause des délocalisations dues au dumping social qui font bosser les uns pour pas chers pour que d’autres au chômage pour à peine plus cher exploitent les premiers pour le profit des 40
salopards. Alors que faire ? Merdre, j’y vais pas, ma Kaméra elle restera, je retourne chez moi et je me fais un café et je gueule utain de bordel de nom de D...Ya des matins comme çà....
Y’a des petits matins comme çà où je me demande où sont partis Lhasa et Mano Solo et ma belle soeur...Où je me dis que mon petit cerveau ridicule est coincé comme une andouille dans un slip trop
p’tit. Petits tracas du matin, et tout parait emmerdant et énervant au possible et nul et...dérisoire face à l’incommensurable, au non mesurable, au trop plein de misère et d’infortune qui touche
ceux qui ont faim, et soif de justice comme dit la prière...
fleurs et tomates