Bonhomme s'étire à son bureau. Il repense aux étoiles qu'il a
contemplées la nuit dernière. C'est drôle là haut, c'est que c'est grand, au moins comme çà. Il regarde le tiroir ouvert à côté, son ciel à lui, y'a des élastiques, des vieilles cartes de visite
de gens qu'il ne visitera jamais, des paquets de tabac recelant quelques miettes sèches et des feuilles au cas où y'en a plus. C'est tout petit son trésor, à côté du ciel étoilé. C'est pas un
p'tit tiroir qui dit, Bonhomme, c'est au moins une grande armoire là Haut. Il pense, la moitie de l'humanité n'a plus accès au ciel, condamnée sous la lumière des villes à ne regarder que ses
pieds. Fini, plus d'éternité, plus de liberté, encore moins que dans son tiroir où ya aussi des trombones pour se gratter les oreilles, et puis çà change la vision des choses quand tu as le
regard horizontal, tu deviens un citoyen, un quidam qui suit le troupeau sans te demander à quoi çà rime de marcher en rond autour de la terre sans voir qu'au dessus c'est sans limites, là, tu
deviens limité forcément, forcément qu'il se répète, forcément encore une fois. Il regarde à gauche, la fenêtre a bougé, y' a quelque chose, quelque chose d'autre qu'un courant d'air, il en est
sur. Le pépoil sur les bras se redresse et la chair de poule frise. C'est un sensible Bonhomme, et il sent bien que c'est là, à coté, posé sur le sol, un truc, ya comme un truc. Il ne se lève
pas. La dernière fois qu'il s'est levé pour voir, c'est parti sans dire ouf, et voilà....
Partager l'article !Chaleur, suite (4):
Bonhomme s'étire à son bureau. Il repense aux étoiles qu'il a
contemplées la nuit dernière. C'est drôle là haut, c ...
fleurs et tomates