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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Contre temps

Cet instant indéfinissable que l’on peut ramener à soi, à une fraction de

Seconde à l’image du paradoxe de Xénon, ou bien à considérer pour la multitude que nous sommes à savoir un espace infini ou sur une même ligne se passe une infinie diversité, l’éternité en quelque sorte, qu’il soit vu d’un côté spirituel ou bien strictement matérialiste il est au delà d’un concret bien senti, une énigme, comme une fulgurance, qui traverse l’espace et tout ce qui est vivant ou matière inerte, un espace à la taille de l’univers. Le présent contient tout le temps à lui tout seul.

Après un beau chronomètre et ses aiguilles battant la mesure, le

Métronome près d’un stradivarius, je me ballade et puis viennent à ma rencontre, une bougie à la flamme fragile qui vacille, une bombe qui explose dans un bain douche, une feuille morte qui s’envole d’un quai de gare, tandis qu’un cheminot dort sur un banc et qu’un train qui passe en trombe, une feuille de papier qui s’enflamme et qui s’enroule sur elle même et sur le temps qui la consume, à un surfeur sur une vague, crête de cet instant qui roule et sur lequel tiennent en équilibre l’homme et sa planche, le condamné à mort ou bien celui qui se suicide et autour duquel s’entortille la corde à ce moment ultime ou tout aurait pu pourrait jaillir, ou bien cette photo qui fixe le temps dans le geste figé de cet officier vietnamien qui flingue la tête de son prisonnier, où est l’instant ? près du bonze qui médite à l’autre bout du monde en égrenant son chapelet entre deux doigts, ou sur le regard de celle qui est frappé par un dément qu’on appelle un homme, près du vieillard qui attend sous une pendule qui bat la mesure de son tic tac, à l’instant de la naissance la sortie du nouveau né, au dessus du cercueil qui cogne la glaise au fond de la tombe, accolé aux chiffres affolés des cours de bourse qui grimpent, à l’arbre de la forêt tropicale qui s’abat sous les coups des bûcherons, à l’imminence de la première goutte de pluie qui tache le sol encore sec, au départ de la course,au starting bloc sur lequel s’arquent les pieds et les muscles, au portrait du président élu qui apparaît, à la douleur sur le visage de celui ou celle qui a tout perdu, à l’enveloppe qui tombe dans la boite à lettre, à toutes sortes de choses à l’infini qui se conjuguent au moment exact ou passe l’instant présent, à ce point si peu marqué au milieu de nos pages blanches qu’on ne saurait l’apercevoir tandis qu’il est partout, pour tout ce que est, du plus futile sur un plateau de jeux télé au geste précis de l’ouvrier ajusteur, à celui qui s’arrête dans son élan devant son train qui part, au furieux qui fulmine coincé dans son embouteillage perdu au milieu du périphérique, à celui qui trône sur son chiottes, à celle qui allume sa clope, au commissaire priseur qui abat son maillet, à la carte au poker qui glisse sur le tapis, au plus extraordinaire, éparpillé dans une multitude de faits et gestes, de catastrophes, de joies ou de vacuité autant que le temps lui même ne saurait suffire à tout décrire...

gageure de naviguer sur cette ligne mouvante qui nous traverse tous où que l’on se trouve dans le même...temps à Tunis ou au fond d’une nouvelle de Maupassant.

 

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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mobensim 29/01/2011 19:46



Faire durer le plaisir...c'est ça Bourreau, le plaisir de la lecture et de ces secondes d'éternité...



Bourreau fais ton office 29/01/2011 18:03



L'instant où l'on a posé son regard sur le titre de l'article, celui où l'on commence la première ligne, l'instant où l'on essaie de comprendre de quoi il s'agit, celui où l'on termine le dernier
mot et qu'on se dit qu'on relirait bien l'article, maintenant qu'on a compris, pour mieux savourer cet instant, qu'on veut faire durer.



mobensim 27/01/2011 20:18



Il y aurait bien aussi ce soupir ..entre deux notes de musique...