Informez vous et faites passer
Quand le soleil commande, agir peu. René Char
LE MONDE DE PHILIPPE
Comme défile une musique urbaine, l’esprit laisse couler et le regard glisse entre les tours et les échangeurs d’un périphérique. Rien n’accroche et les sens se laissent emporter.
Steve Jobs est mort et nos doigts continuent à glisser sur les vitres de nos portables, à croquer comme des pommes. Tartenpion est mort aussi ce matin, sans qu’il fût un génie. Il n’a rien
inventé pas même pas l’eau chaude ou bien le fil à couper le beurre. Que retenir de sa vie, sinon des bouts, des fragments et mêmes pas amoureux. Un homme parmi d’autres, étalé sur le trottoir,
sur un carton ? Son carton, son seul bien au milieu de poches en plastique, rempli de frusques. Un homme frustre jeté par terre à côté d’un caddie, il est là, prêt à emporter devant un fast
food. Le caddie lui ressemble, une roue est cassée. Tu sais, ces caddies que t’arrives pas à diriger au milieu de ces allées bêtes d’un vilain supermarché où çà sent ce que tu vas manger. Ca pue.
Bientôt plus rien, que des traces sur le sol, du goudron et des tâches de vin, du mauvais vin, celui qui tache. Une bouteille en plastique et des mégots, de la sueur et de l’angoisse, autant
dire, rien, autant dire rien à dire sinon qu’il fut emporté et rien sur Twitter. Comme défile une musique urbaine, l’esprit laisse couler et une main jette par la vitre de la bagnole un portable,
comme un trognon de pomme.
fleurs et tomates