Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Feuilleton D'automne, qui pourrait bien prendre ses quartiers d'hiver...

 

21144231.jpg

 

LES MARGOULES

 

 

 

Saison D'automne

Episode 2

De quoi ?

On se tait, on lit en silence...

 

 

 

Donc, on disait …Enserré au pied d’un massif montagneux, un village, un bon et beau petit village…

 

 

Le samedi matin, au « Café du Temps qui se tasse », on se la refait façon Bar de la marine. Mais si la mer n’y est pas, la montagne veille, des fois que la marée monte. Ici, l’accent du midi s’est chargé d’une pointe de sel lorsque le vent est au « marin » qui vient du Sud Est. Et  le marin, s’il en est, en villégiature dans les vallées ou échoué au hasard de sa longue et heureuse retraite, s’enrhume ensuite sous l’influence du Rouergue, ce souffle du nord qui postillonne par ci et par là, quelques gouttes froides, sur les crânes chenus ou bien chevelus, ou bien suivant la mode, rasés sur les oreilles et surmontés d’une galette gominée, à laquelle il ne manque qu’une mèche pour en faire un béret. 

 

S’il a les joues un peu couperosées, c’est qu’il travaille dur au grand air. Collé à la manière d’un post it, un mégot jaunasse écobue et pendille à sa lèvre inférieure. La casquette en arrière, il jette un œil sur son jeu, tandis que de l’autre, il transperce la fenêtre astiquée et ensoleillée. Armand affiche au compteur la cinquantaine rebondie, il est employé communal et à cet instant, au lieu du manche, il tripote son paquet de cartes : 

« - Avise ceux qui passent dans la rue ! Des margoules, ouais des margoules que je te dis, des oiseaux de passage... »

 Préparant quatre pastis derrière son zinc, le patron tourne la tête au dehors.

André, gilet de barman et manches retroussées comme il se doit, est un grand chauve qui honore ses oreilles d’élégantes rouflaquettes. Il arbore le teint pale de son pastaga. La figure rehaussée de sourcils en accent circonflexes, il répond indigné :

-Bats les cartes au lieu de sortir des âneries que s’en sont presque des méchancetés...

 - Oh « « Pôvre », Margoule, ce n’est pas méchant ». Répond Armand mi- gêné, mi content. Et il balance sur la table un demi paquet de cartes d’un geste court à cause de son embonpoint.

« -Ben non, c’est pas méchant. C’est même tout à fait naturel... c’est juste un nom d’oiseau que tu rajoutes à une liste longue comme un jour sans fin ! » Lui répond André en rangeant la bouteille d’apéro.

« -Hé, regarde comme ils sont tout dépenaillés, ils s’enfilent  plusieurs couches comme des oignons, on dirait des cèbes* qui se meuvent... »

Milton, en face d’Armand lui répond : 

« -t’en fais une belle de cèbe, range tes cartes, figure de cougourde ! »

Les réflexions racistes d’Armand exaspèrent Milton. Elles décuplent son accent espagnol mâtiné d’américain. Elles font trembler sa chemise à carreaux. Elles gondolent sa veste en cuir noir aussi ridée que son front est plissé. Même par temps sec, ce genre de considérations embuent ses lunettes de Lou Reed et blanchissent sa crinière rassemblée en natte depuis sa guerre de 68. Enervé, il sort son tabac hollandais et s’en roule une ... Cà sufit pour aujourd'hui... A suivre… ( Episode 1 sous cette page)

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article