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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Feuilleton D'automne, qui pourrait bien prendre ses quartiers d'hiver...

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Les Margoules

Saison 'automne,

épisode 5

 

 

 

 

Entre les différents temples et l’église, témoins qu’en d’autres temps on avait le choix des distractions et de bon aloi, Gilles marche en égrenant un chapelet de pensées éparses sur l’état du monde. Il se range derrière une idée confuse qui semble s’insinuer dans son esprit comme un doute poisseux, il n’y peut rien. Non, contre la connerie et la méchanceté, on ne peut pas grand-chose. Qu’est ce qui peut bien pousser le connard ou la connarde moyenne à tuer quelqu’un à coup de pelle en zone de moyenne montagne ?

Ce qui l’ennuie aussi, et sans souci de hiérarchie dans l’importance de ce qui le dérange dans cette matinée, c’est comme se trouver au bout du monde, au moins à cent bornes d’un pressing avec une chemise tachée de sang et juste avant un mariage. Il peut le tenter à l‘eau froide, mais il craint de tout crapoter.

Il remonte une rue du village, jusque sous l’église. Le clocher sonne 11 heures.  Pourquoi avoir choisi ce métier ? J’aurais pu faire postier, se dit il, en passant devant la poste et une grande affiche placardée, écrite à la main et à la hâte. Elle signifie aux usagers les nouveaux horaires qui se réduisent en peau de chagrin et qui apparemment très compliqués à retenir. Non, pas postier, non…

 

Il y a deux bars ici, de chaque côté du pont, Chez Monette et au Bar du Temps qui se Tasse. Le premier est un joli bar de village avec sa treille recouverte d’une vigne splendide et une petite terrasse ombragée devant la rivière, seul bruit qui court dans le village, sur un quai tout gondolé par les racines de vieux marronniers.  Le second, le bar du Temps qui se Tasse, on ira après. L’ambiance jeu de cartes qu’il devine à travers les vitres de ce bar, çà ne le tente pas. Ils ont l’air de s’engueuler un peu à l’intérieur. Il n’aime pas les jeux de carte, il déteste les jeux de carte, çà lui rappelle son enfance où il fallait qu’il vienne toujours compléter une table dans un bar où trainait son père les jours un peu gris, où il manquait un joueur. Ca sentait le tabac gris, le tabac brun, et le « Pastaga » ou bien le « Pernifle ». C’était beau comme un commissariat filmé en noir et blanc pour un film du dimanche soir dans les années soixante. Viens qu’on lui disait, c’est bien les jeux de société… Pffft,  On a le temps pour la tasse ici, se dit l’inspecteur Gilles, je vais pousser jusqu’à l’autre, Chez Monette.

Çà le fait sourire, l’idée de prendre son temps, une journée où justement il n’a pas bien le temps. Il pense à l’inspecteur Derrick. C’est vrai, en plus, il fait un temps de Derrick, un peu vert de gris, un peu frais, un temps à couette, juste un peu froid et humide, avec l’envie de se mettre au lit, un polar soporifique, un feu dans le poêle, de quoi boire, une petite cochonnerie à grignoter, devant une Mercédès dont les pneus crissent à trente à l’heure  …

Arrivé au bar, il pousse une porte fenêtre vernie, aux carreaux habillés de rideaux en dentelles… A suivre….

 

 

 

 

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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Pilippe 11/11/2013 18:47


ben oui tiens...pas fait exprès, même que...mais bien vu...

Yola 11/11/2013 18:16


Chez Monette, ça a un petit côté Maigret, non?