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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

Kafé

captain-gib-4185.JPGEt j’ai retrouvé mon Kafé, mon troquet, mon rad, ma baignoire, ma résidence secondaire, mon Tournesol, rue de la Gaité. Rue de la Gaieté, incontournable, quand on a le cœur à l’envers, rien d’autre à faire que de le tourner vers un soleil imaginaire.

Assis là bien avant l’heure, regardant par la vitre la queue qui se forme au théâtre Rive gauche. Regardant tout ce monde qui s’anime dans les lumières naissantes d’une rue qui vibre dans les faisceaux rouges, jaunes, bleu nuit. Les scooters alignés comme des chevaux amarrés devant un saloon, attendent sans boire tandis qu’on vide les verres à l’intérieur. Glaces, reflets des bouteilles du comptoir assailli. Et Je l’ai retrouvé mon Kafé, à cette heure plus tardive, moi qui venais ici pour écrire le matin. L’heure est au jazz, à la fusion, aux tapas, à la Guinness, ou bien au Bordeaux,  au bien au Sancerre, ou bien, ou bien. C’est là qu’elle a donné rendez vous, celle qui m’enveloppa une nuit d’ivresse dans l’abandon éternel. C’est là qu’il vient aussi celui qui m’offrit son toit, sans paroles, avec la plupart du temps un silence saisissant, un partage sans fard, des fruits d’une défaite déjà vécue. captain-gib-4189.JPGJe la vois passer dans la rue, une fée dans la rue de la Gaité, elle se retourne comme attirée par la vitre. J’ai retenu la table contre vents et marées, dans le brouhaha d’un bistrot bondé. Elle me dit vient on va dehors, y’a un coin sympa. Il est des batailles illusoires. Je l’ai retrouvée, celle qui me fit faseyer comme un tapis souillé et que l’on secoue des bottes qui s’y sont essuyées. Rouge, rouge, Bordeaux et douceur d’une sèche allumée, et à passer ce temps à dire, au plaisir de se retrouver entre les tables en désordre, entre tous ici, venus étancher la soif de se voir. Et puis il arrive, mon pote, mon ami, celui qui est. Et on est bien, et on est bon, et ils sont beaux, et je les aime, mes amis, mes poteaux, ceux qui ne sont pas moqués lorsque les larmes sortaient au milieu d’une grande marée et qui mesurent avec moi le chemin parcouru. Et j’ai retrouvé mon Kafé, mon troquet, ma baignoire, ma résidence secondaire, mon Tournesol rue de La Gaieté.

Et je n’ai rien oublié.captain-gib-4187.jpg

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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monique 02/03/2014 14:18


le Kafé, tourbillon de vie avec ses promesses de relations vraies et de futiles rencontres. Une pour chaque soif de la vie. Quand on ne choisit  pas ses tempêtes mais qu'on peut choisir de
rester le capitaine du bâteau....

Yola 02/03/2014 13:40


Etancher la soif de se voir, c'est bien vu, c'est bien dit!