Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

L'aventure c'est l'aventure

Un petit texte  à l'intention de Gwen, et qui me revient du temps où j'étais capitaine pour quelque" Monsieur" fortuné en mal d'aventures maritimes...

 

 

-LARGUEZ LES CORDAGES… 

-Non

-LES CORDES ?

-Non…

- LES LIENS ? 

-Non plus…

- LES CABLES ? LES FILINS ? LES GRELINS ?

-Non, non et non…

- LES amarres ???

-Ouais.

 Midi, soleil, pas de vent, moteur, on tourne. C’est un film, tout est dans l’image. Au même moment, Attentas à Londres. Bondées, des Barques dérivent, moteurs en panne entre les Canaries où bien elles glissent vers le fond. Je range tout ce qui traîne sur le pont, cordages et pares battages. Les jeunes s’étalent en même temps qu’ils se tartinent de crème à bronzer tandis que l’un des deux donne déjà dans les tremblements de façade qui tentent de dissimuler les désagréments engendrés par le balancement maudit du poète.

Monsieur est à la barre. Il est fier et heureux comme un propriétaire d’attelage à l’ancienne.  Les chevaux sont depuis la sortie du port sous pilote automatique. Il ressemble ainsi à un enfant debout dans une voiture de pompier sur un manège. Il a mis un CD d’ Hugues Auffray. St jean Cap Ferrat est atteint dans la fin de l’après midi, sans que le moindre souffle d’air  permette l’usage des voiles. Hugues Auffray en boucle…Passage obligé autour des Yachts au mouillage, plus somptueux les uns que les autres. C’est merveilleux s’exclame t il sans arrêt, comme s’il tirait sur le pompon du manège. Monsieur est rivé à la barre. En retrait, je me  mord la langue et assiste impuissant aux multiples tentatives de manœuvres peu inspirées.  Enfin le calme revient dans les machines affolées et amarrage dans le port. Monsieur débarque et va s’enquérir des formalités à la capitainerie. Il en reviendra  en faisant semblant d’être vexé du prix imposé, 110 euros pour une nuit pour un voilier de 15 m. Il annonce qu’il aura daigné prendre en sus, comme proposés, des jetons de douche à deux euros l’unité. Acte de bravoure qu’il savoure tout en sachant qu’il s’en fout car Monsieur prend toujours ses douches à bord même si j’observe, monsieur, qu’il vaut mieux les prendre à terre plutôt que de déverser l’eau des ablutions dans le port, vu que le bateau n’est pas encore au clair avec la caisse à eaux grises et qu'il est notable qu'il subsiste une interrogation quant au regrettable point noir qui est pas clair non plus pour la caisse à caca.

-?

-Tant qu’à payer une somme pareille, mieux vaut jouir du confort jusqu’au bout.

-Ah oui ?

 C’est vrai qu’il y a tout le confort à bord, l’eau chaude, les douches, les toilettes électriques, le générateur, la chaîne hi fi, la télé, le micro ondes, L’Internet, le téléphone satellite, le frigo, le congélateur, l’air pulsé,  le four dans un vraie cuisine,  le salon,  les fauteuils en cuir, les petites lumières sur le sol comme au cinéma pour ne pas se vautrer sur la marche, un bouquin de Bernard Moitessier perdu entre Paul Auster et Homère, le figaro et l’Hérald Tribune et… des moustiques toute la nuit, l’aventure quoi.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article

Yola 05/02/2011 15:57



Manquait plus que les pirates…



mobensim 04/02/2011 19:41




"Mirsoufflez les artimons et drissez les escabèches !!!"


( dans l' Astérix de Chabat !)




Gwendal 04/02/2011 18:18



Philippe, si un jour je deviens comme ça (jen doute mais on ne sait jamais), jette moi dans le port et assomme-moi à coup de gaffe.