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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

« Le chinois »

MANKELL Henning

(Seuil)

 

Polar transcontinental. Carnage dans un hameau perdu en Suède. L’enquête est conduite, c’est tout naturel, par des flics. Une enquête à laquelle se trouve mêlée, à l’insu de son plein gré, une magistrate. Laquelle avait adhéré, en ses vertes années, à la mouvance maoïste. Le plus passionnant ? L’intrigue ? Peut-être. Mais aussi, et tout au moins aux yeux du Lecteur, l’approche des contradictions au sein des instances dirigeantes chinoises dont Mankell fait son menu de choix. En particulier en ce qui concerne les questions relatives à la présence chinoise en Afrique. Aide désintéressée au développement ou pratiques néocolonialistes ? Mankell évite les pièges du manichéisme ambiant.

 

 

 

« Providence »

FERRE Juan Francisco

(Passage du Nord-Ouest)

 

Drôle et même ravageur dans ses premiers chapitres, le roman s’enlise ensuite dans ses redondances. Les lourdeurs se camouflent certes derrière des modernismes de bon aloi. Mais elles génèrent très vite l’ennui et parfois même l’exaspération. Le portrait du cinéaste très tendance se dilue et finit par perdre toute pertinence.

 

 

 

« Le journal des cinq saisons »

BASS Rick

(Belfond)

 

Décevant. Non pas tant l’exercice auquel s’est livré Rick Bass : raconter, mois après mois, une année de vie dans un coin perdu du Montana. Une année au long de laquelle l’écrivain observe le monde au sein duquel il vit et il travaille. Une vallée où s’éternisent les hivers, où l’été impose ses fulgurances. Une vallée qui subit elle aussi, et de manière insidieuse, les processus initiés par les sociétés humaines. Comme une mort programmée au terme d’une lente, d’une longue agonie. Cela, le militant écologiste le laisse percevoir sans jamais forcer le trait. En entremêlant sa vie et celle de sa famille à celle des rares habitants de la contrée. En permettant d’entrevoir ce que sont les conséquences des activités humaines sur l’évolution d’un milieu naturel particulièrement fragile. En ne dissimulant pas ses propres contradictions, celles de l’écologiste qui est également chasseur de cerfs, conducteur de 4x4, entre autres.

Ce que le Lecteur n’a pas supporté, ce sont les digressions plus métaphysiques que philosophiques qui parsèment le récit. Les références faussement naïves à un possible « Grand Maître de l’Univers » assorties de certitudes qui ne peuvent souffrir le questionnement. Dans le chapitre consacré au mois de mars, par exemple : « Il y a l’évidence d’un plan supérieur dans le monde qui nous entoure, au-dessus de nos têtes et sous pas aussi, personne ne saurait le nier. La seule question qui justifie tous les désaccords, c’est celle de savoir s’il a fait l’objet d’une conception. » Créateur ? Pas Créateur ? Rick Bass accomplit alors une étrange pirouette avant de conclure sa démonstration : « Nous sommes là. C’est merveilleux. Dès lors, comment ne pas se prendre à rêver d’une forme ou d’une autre vie éternelle ? » Le Lecteur, lui, reste dans la négation.

 

 

 

« Le pied mécanique »

FERRIS Joshua

(Lattès)

 

C’est l’histoire d’un homme qui ne peut plus s’arrêter de marcher. Au point qu’il ira jusqu’au terme de l’épuisement. Alors que tout semblait devoir lui réussir, au plan professionnel comme au plan affectif. Roman convenu, beaucoup moins dérangeant qu’il n’y paraît à prime abord. Roman qui se parcourt sans déplaisir mais qui ne laisse que d’insignifiantes traces.   

 

 

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Philippe Maréchal

citoyen du monde
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