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le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

Des hommes" de Laurent MAUVIGNIER (Editions de Minuit). Voilà plus d'un demi-siècle que la guerre d'Algérie hante le Lecteur. Lui qui n'y fut pas convié puisque sursitaire. Non en raison de quelque soutien occulte. Mais l'Etat le formatait alors pour d'autres fonctions. Donc cette putain de guerre. Autant l'écrire tout de suite: c'est la seconde partie du roman de Laurent Mauvignier qui l'a concerné, le Lecteur. L'immersion dans l'abomination, puisque toute guerre est une abomination, puisque chaque guerre dégrade ou détruit chacun de ceux qui en sont des acteurs. "... tu sais, on pleure dans la nuit parce qu'un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu'on ne sait pas se les dire à soi-même."  Laurent Mauvignier restitue, avec beaucoup de pertinence l'étrange, la douloureuse dramaturgie à laquelle durent se soumettre des centaines de milliers de jeunes français. Des garçons qui en ces années-là (1954/1962) n'étaient que les aînés du Lecteur, les "grands" qu'il avait fréquentés à l'école primaire et que la République expédiait, via Marseille, sur cette terre qui, de toute évidence, n'était pas le France. Ce que l'écrivain rappelle sans jamais user (ou abuser?) de démonstrations alambiquées. 

Le grand mérite de Laurent Mauvignier consiste à mettre l'accent sur l'immense gâchis qu'engendra cette saloperie de guerre. Au-delà de l'amoncellement des cadavres. Les survivants, parce qu'ils furent immergés dans l'abomination, n'en sont pas revenus intacts. A travers ses quelques personnages, l'écrivain exhibe les souffrances enfouies, les cicatrices jamais refermées. Voici donc que vient de paraître une des rares œuvres littéraires qui tende au(x) Lecteur(s) un miroir sur le ce que nous avons été, victimes et bourreaux, au nom d'un idéal dévoyé.

(Le Lecteur rappelle toutefois le "C'était notre terre" de Mathieu Belezy, œuvre qui, sous un autre angle, constitue elle-aussi un implacable réquisitoire contre le colonialisme à la française et l'ignominie des guerres qui l'accompagnent!)

Enfin, sans doute est-il heureux que les vieilles badernes du Goncourt n'aient pas décerné leur prix à Laurent Mauvignier. Son roman qui reste libre, désormais, d'évoluer par lui-même, hors de la pression médiatique et de tout ce qu'elle implique comme compromissions.

 

 

"Un temps fou" de Laurence Tardieu (Stock). Une bêtasserie très lelouchienne. Chabadaba et tout ce qui va avec, autant dire presque rien.

 

 

"Padana City" de Massimo CARLOTTO et Marco VIDETTA (Métailié). Un polar italien qui traite de la corruption de des liens interlopes entre la Mafia et les milieux d'affaires. Plutôt bien foutu. Agréable à lire. Telle est l'opinion du Lecteur. Toujours en attente de ce qui vient du côté senestre de la péninsule italienne.

(Juste une interrogation: à quand le polar versant corrupteurs et osant s'engluer jusqu'au pire de l'abjection?)

 

 

"Vies minuscules" de Pierre MICHON (Gallimard). Relecture du premier Michon (sauf ignorance du Lecteur). Afin de vérifier si certain enthousiasme (voir une précédente chronique)  ne fut pas excessif. Relecture qui confirme que non. "Mais peut-être que Là-Haut les vieux auteurs, les vrais dont toujours on est indigne, et leurs intercesseurs, les benoîts exégètes à barbiches début de siècle, lui disent eux-mêmes leurs textes, d'une plus vive voix que les voix des vivants."

 

 

"Combat de l'amour et de la faim" de Stéphanie HOCHET (Fayard). Un roman plutôt bien agencé, plutôt bien écrit, que le Lecteur a ingéré d'une seule traite. L'histoire d'un jeune américain, au tout début du siècle dernier (celui du Lecteur, bien entendu!). Ses errances, dans le sud des USA,, de ville en ville, de femme en femme. Les pécules qu'il récupère puis dilapide. Le Lecteur s'est laissé prendre au(x) jeu(x). Mais quant à établir un lien entre ce livre et certaines des oeuvres de Steinbeck ou de Fante (comme cela s'est écrit sur la 4 ° de couverture), mieux vaut en sourire, voire même éclater de rire!

 

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Philippe Maréchal

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