Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le monde de philippe

Alors, mystérieusement, entre en existence cette chose dans laquelle il y de la joie. Krishnamurti

La chronique d'André Blanchemanche

15160839.jpg"Sur le sable" de Michèle LESBRE (Sabine Wespieser). Roman habité par l'œuvre de Modiano. Reste tout de même à trouver où se cachent "les êtres mystérieux" dans les 150 pages qui, pour l'essentiel, retracent la rencontre nocturne d'une femme et d'un homme. Une plage. L'océan. L'incendie d'une maison. Les confidences. Le Lecteur n'a certes pas eu le temps de s'ennuyer. Mais il ne s'est jamais vraiment senti concerné.

 

 

"L'écorchée vive" de Claire Legendre (Grasset). Rien à voir avec une quelconque boucherie. Non. L'épicerie Grassouillette et Flasquelle a publié avec ce roman une œuvrette à l'eau de rose. Une sorte d'harlequinerie.

 

 

"La solitude des nombres premiers" de Paolo GIORDANO (Seuil). Le roman s'ouvre sur un mélodrame des plus classiques. Il met en scène deux personnages. La petite fille mal aimée. Le petit garçon surdoué et sa sœur jumelle trisomique. Puis, cahin plus que caha, le récit s'élance. Un exercice d'équilibrisme avec, pour toile de fond, la relation entre ces deux êtres. Un quart de siècle. Avec pour interrogation majeure la solitude. Ou, plus exactement, les deux solitudes qui s'effleurent plus qu'elles ne se télescopent. Le Lecteur s'est laissé séduire par le charme arachnéen du roman. Mais il ne s'est guère nourri de sa substance.

 

 

"Palestine" de Hubert HADDAD (Zulma). L'immense, l'effroyable tragédie du Moyen Orient. Que Hubert Haddad met en scène à travers deux personnages issus de chacun des deux camps. Un militaire qui, au lendemain d'une blessure, perd la totalité de ses repères (y compris son identité). Une jeune étudiante anorexique qui vécut la mort de son père abattu lors d'une embuscade. Le roman narre sans complaisance les horreurs de la guerre. Mais l'écrivain use, voire même abuse, dans la mise en scène des relations entre les deux personnages d'un certain angélisme. Un angélisme dont le Lecteur s'est méfié dès les premiers signaux de son émergence. Le conflit n'a-t-il pas dépassé, et depuis fort longtemps, le seuil du non retour? Le Lecteur n'a évidemment pas de réponse à cette question. Mais il a eu le sentiment que Hubert Haddad tentait de lui forcer la main.

 

 

"L'étoile du matin" de André SCHWARTZ-BART (Seuil). Des retrouvailles post mortem. Dont le Lecteur s'extirpe tout endolori: ce roman aborde au pire de ce que fut l'abomination. L'expulsion et l'extermination du peuple juif au centre d'une Europe à feu et à sang. Le Lecteur simplifie. Trop, peut-être. Car derrière le personnage (Haïm) ne se dissimule même pas l'engagement de Schwartz-Bart du côté de la cause sioniste. Un engagement que le lecteur ne réprouve pas. Mais dont les développements contemporains l'interrogent.

Tout à la fin du roman, André Schwartz-Bart écrit: "... il n'y avait pas, au début des années trente, une graine de monstre dans chacun des membres de la jeunesse allemande; il suffisait, peut-être, que s'y trouvât une graine d'homme. Tout ce qu'il avait connu, par la suite, sur la terre, n'avait fait que confirmer cette idée d'une chose banale, infiniment prosaïque, fertile en sueur et en sang. Le cerveau humain lui était apparu comme une matière docile, malléable, d'une plasticité infinie. Le mot qu'il se répétait cent fois par jour, au long des années, tout est possible."

C'est sur ce "tout est possible" que s'interroge, aujourd'hui, le Lecteur. Tant il lui semble que ce "tout est possible" n'épargne personne, y compris, dans ces temps de confusion totale, certains des petits-enfants des victimes de la barbarie. Dont les cerveaux, à l'instar de tous les cerveaux humains, sont sans doute "comme une matière docile, malléable, d'une plasticité infinie".

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

Philippe Maréchal

citoyen du monde
Voir le profil de Philippe Maréchal sur le portail Overblog

Commenter cet article